“Stylo Pique” à la Villa de France, une soirée de grand K-Libre…

19 décembre 2014 par Paul  
Dans Evènements, MUSIQUE

Le Collectif Café Slam Tanger en collaboration Avec le Festival Cinéma Nachia Organise une Soirée Slam sous le Thème : “STYLO PIQUE” avec la participation des membres du Collectif et du rappeur-slameur: Mehdi K-Libre. Une soirée de “grand calibre” vous attend…

Natif de Meknès en 1986, Mehdi K-Libre est issu d’une famille de musiciens dont des violonistes. Mais c’est auprès de ses voisins immigrés en France qu’il découvre véritablement le rap. Parallèlement il se lance dans l’écriture, décrit le quotidien peu enviable de ses amis et aînés qui l’inspirent et l’incitent à dénoncer la galère qui les ronge…

Medhi K-Libre en studio

“Café SLAM Tanger” est le premier collectif marocain de jeunes artistes passionnés de SLAM, d’écriture, de poésie urbaine, de Zajal, de Free Poetry et bien évidemment d’émotions et ce dans toutes les langues…

“Café SLAM Tanger” est un moyen de rencontres et d’échanges, il permet de faire connaissance, de partager leurs écrits et de faire un brainstorming sur la scène Slam à Tanger et au Maroc.

Le Café SLAM se déroule comme suit : thématiques libres + freestyles ou thématiques imposées + exercices et ateliers.

Ce collectif de slameurs a été fondé en février 2013 et compte déjà à son actif trois concerts et plusieurs ateliers.

Si vous êtes intéressés pour participer, aider, assister ou pour toute autres propositions, prenez contact par mail: cafeslamtanger@gmail.com ou par tel: +212 662-767228, site web: http://FB.COM/CafeSlamTanger

Grand Hotel Villa De France
Angle rue Angleterre et rue Hollande
Tanger

“Villa de France” à Tanger, comme si vous y étiez…

4 juillet 2014 par Paul  
Dans Evènements, Lieux, Peinture

“Villa de France”, le grand hôtel historico-mythique de Tanger ré-ouvre ses portes après de nombreux allers-retours infructueux. Ce n’est pas facile de faire revivre le passé, aussi brillant fut-il… Après une vingtaine d’années de mise en sommeil, l’hôtel mythique de Tanger vient d’être remis en état.  Malgré les travaux effectués l’établissement garde toujours son identité.


Un hôtel de plus dans la ville de Tanger? Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle infrastructure, mais c’est plutôt la mythique “Villa de France” qui vient de renaître de ses cendres après des années de mise en sommeil. L’hôtel centenaire de la ville vient de reprendre du service sans perdre son identité. Malgré les travaux, l’établissement a gardé tout son cachet. «Il ne s’agissait pas de transformer la Villa de France, mais de la restaurer», expliquent les dirigeants de Rentistica, qui gère les biens de son propriétaire, le groupe Royal. En effet, l’établissement a gagné 15 places en passant de 43 à 58 chambres. Il s’est enrichi d’une nouvelle décoration d’intérieur.

Sa grande piscine, qui a subi des travaux d’extension est désormais entourée de 6 duplex, une sorte de mini villas. L’hôtel comprend également deux restaurants et une salle de conférence d’une capacité de 200 personnes. Cette réouverture était prévue pour les dernières semaines de l’année dernière, mais des retards à la chaîne l’ont repoussée pour la faire coïncider finalement avec le début de la période estivale. Villa de France avait fermé ses portes en 1992 et a dû attendre 11 ans avant d’être classée monument historique en 2003. Cela a poussé ses propriétaires à établir un projet de rénovation dont le feu vert a été accordé au bout de 4 ans. L’opération a donc été lancée en 2008, après 24 mois de mise en chantier. Son propriétaire, le groupe Royal, aurait jugé les travaux de rénovation inappropriées aux normes de l’hôtellerie de luxe. L’idée était d’abord de se remettre en conformité avec les standards 5 étoiles. Depuis, l’établissement a refermé ses protes et entamé une nouvelle tentative pour se hisser parmi les hôtels luxueux de la ville. Aujourd’hui, Villa de France rouvre ses portes avec l’espoir de renouer avec ses clients privilégiés, notamment en provenance d’Europe et plus particulièrement de la France. «Ceux-ci, à chaque visite des lieux, ne cachaient pas leur affection pour cet ancien grand bâtiment et espéraient le voir renaître de ses cendres», déclare un responsable de Rentistica.

L’emplacement de ce palace est exceptionnel, dans une zone historique avec des monuments comme l’église Saint Andrew et la mosquée Sidi Bouabid. Il offre aussi une vue panoramique sur les sites les plus animés de la ville, notamment l’ancienne médina, le Grand Socco et la Kasbah. L’établissement a accueilli au 19e siècle la résidence du chef de la diplomatie française ce qui lui a donné son nom. Plus récemment, dans la période de “Tanger ville internationale”, Villa de France fut un des plus prestigieux hôtels de son époque ayant compté parmi ses fidèles clients son Altesse royale le Duc de Guise, chef de la maison royale de France, ainsi que des membres de l’aristocratie britannique comme la marquise de Bute. L’histoire de l’hôtel est aussi intimement liée à la peinture. Le célèbre peintre français Henri Matisse y a séjourné pour une longue période et y a peint en 1913, dans la chambre n° 35, de très belles œuvres, dont le fameux tableau «Paysage vu d’une fenêtre».

Paul Brichet et Bernard Moutin (photos)

La visite de Villa de France par Bernard Moutin

La chambre 35 a aussi été ré-aménagée, plus ou moins dans le style de l’époque où y a séjourné Matisse. C’est une chambre d’angle avec 2 fenêtres :

- l’une à partir de laquelle il a dû peindre “Vue de la fenêtre”,

- l’autre qui a pu l’aider pour “La vue sur la baie de Tanger” ?

"Villa de France" à Tanger - Chambre 35. Henri Matisse à gauche, Bernard Moutin à droite...

Petite visite du jardin, de la terrasse, du restaurant, du bar, de la piscine … et de la fameuse chambre 35 où Matisse séjourna en 1912-13

Henri Matisse, le peintre coloriste de la sensation poétique

10 septembre 2009 par Paul  
Dans CULTURE, DOSSIERS, REPORTAGES

Pourquoi Matisse vient à Tanger ? Parce que les voyages au Maroc « m’aidèrent à reprendre contact avec la nature mieux que ne le permettait l’application d’une théorie vivante mais quelque peu limitée comme l’était le « Fauvisme » . Il traverse alors une crise majeure, dont il va ressortir plus fort en parvenant à mieux maîtriser ses émotions pour les utiliser dans sa peinture. C’est à Tanger qu’il va éprouver pour la première fois ce qu’il appelle «l’indicible douceur du « quand ça vient tout seul».

henri-et-amelie-matisseLe peintre français a effectué deux séjours au Maroc, entre 1912 et 1913. C’est là qu’il réalisa quelques-uns de ses plus extraordinaires chefs-d’oeuvre

Au printemps 1912, après un séjour à Moscou, Matisse s’installe à Tanger, carrefour entre l’Europe, l’Afrique et le Monde arabe, sur les conseils de ses amis Marquet, Camoin, et ceux de Gertrude Stein. Placé sous Protectorat Franco-Espagnol, le Maroc est à cette époque au goût du jour dans une France qui se passionne pour l’orientalisme, que Matisse nomme « l’orientalité ».

Quand Matisse se rend au Maroc, ce n’est pas pour faire du tourisme.

matisse-marabout

Folklore, exotisme, us et coutumes locales, il s’en bat l’oeil. «Le Maroc de Matisse», se trouve à portée de la main, celle qui tient le pinceau. A Tanger, il y débarque à deux reprises. Une première fois en 1912, de janvier à avril. La seconde, l’année suivante, de novembre à février. Il a 44 ans. Pour peindre, bien sûr. Mais pourquoi là ? Parce que les voyages au Maroc « m’aidèrent à reprendre contact avec la nature mieux que ne le permettait l’application d’une théorie vivante mais quelque peu limitée comme l’était le « Fauvisme » .

C’est un Matisse déprimé qui débarque à Tanger le 29 janvier 1912. Il vient de perdre son père, le chagrin le hante. Le collectionneur russe Andreï Chtchoukine vient de lui refuser «la Danse» et «la Musique», deux panneaux destinés à la décoration de sa demeure moscovite. Et il pleut. Il pleut sans répit pendant près de quinze jours. Matisse, qui loge à l’hôtel Villa de France, chambre 35, est condamné à l’inactivité. «  Qu’allons-nous devenir? […] Impossible de sortir de notre chambre», écrit-il alors à Gertrude Stein.

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Son ami Marquet, qui a déjà effectué deux séjours au Maroc, l’a convaincu de prendre le chemin de Tanger, cette ville «où l’Atlantique et la Méditerranée se rencontrent». Matisse se laisse convaincre d’autant plus facilement qu’il est en proie au doute. A cette époque, il ne cesse de douter de lui-même et a besoin de se mettre à l’écart, loin de Paris. Il attend de la civilisation arabe une leçon de vie, une sérénité, l’art de dire beaucoup en peu de mots. Le voyage que Matisse effectue au Maroc est, avant tout, un voyage intérieur. Il traverse alors une crise majeure, dont il va ressortir plus fort en parvenant à mieux maîtriser ses émotions pour les utiliser dans sa peinture. L’incendie fauve (1905-1907) s’est éteint. Il veut aller vers autre chose, donner à sa peinture un nouvel élan, une nouvelle dimension. Prenant ses distances avec le fauvisme, qui lui a apporté la notoriété, Henri Matisse cherche à découvrir le secret de son art.Tanger est « le lieu et la formule » dont il a besoin à ce moment-là. Matisse prend conscience de la nouveauté radicale de sa peinture au contact de l’art islamique, comme il l’écrit alors : « Cet art suggère un espace plus grand, un véritable espace plastique ». De sa chambre-atelier dominant la baie de Tanger, Matisse peint des natures mortes, des paysages, des figures, cherchant à concilier la leçon de Cézanne avec les grandes traditions de l’art oriental. Le soleil enfin revenu, Matisse part travailler sur le motif. Contrairement à Marquet, il ne s’éloigne pas de la ville, où il s’immerge dans la quiétude des jardins. La luxuriance de la végétation le fascine: palmiers, arums, iris et capucines dessinent sous ses yeux un univers enchanteur. Mais Matisse n’est pas venu au Maroc pour se livrer à des exercices orientalistes, pas plus qu’il n’entend suivre les traces de Delacroix. Sa réflexion porte sur la manière de «construire un art décoratif qui […] produise au sein même de la peinture de chevalet un bouleversement des données du regard qui se porte sur elle». Ce bouleversement, Matisse va le provoquer lors d’un second séjour à Tanger, entre octobre 1912 et février 1913. Cette fois, il va éprouver pour la première fois ce qu’il appelle «l’indicible douceur du « quand ça vient tout seul”». En l’espace de quatre mois, il peint entre autres «Sur la terrasse», «Porte de la Casbah», «la Mulâtresse Fatmah» (ces trois œuvres formant le Tryptique marocain), «le Rifain assis» et «Zorah debout». Au Maroc, Matisse s’intéresse à ce qu’il a déjà découvert à Munich quand il a visité une grosse exposition consacrée à l’art musulman. Les arts décoratifs étant considérés comme mineurs, ils ont eu tout loisir de développer une fertile complexité. Cette fécondité, le peintre veut l’utiliser à son profit tant elle lui ouvre de possibilités et formelles et chromatiques. D’où son obstination à répéter les motifs de tapis et tentures. Mais décliner des variations, fussent-elles innombrables et inattendues, sur un motif ne lui suffit pas. Encore faut-il parvenir à y introduire la figure. Et là, tout se complique. Portraits de Marocains ou odalisques ont beau être vêtus de couleurs chatoyantes et, fauvisme oblige, résolument invraisemblables, ils persistent à signaler leur présence.

Matisse à la « Villa de France », chambre 35

15 avril 2009 par admin  
Dans CULTURE, Lieux

Villa de France en rénovation par les propriétaires du Minzah

Villa de France en rénovation par les propriétaires du Minzah

 


Du haut de la Casbah, on peut traverser la Médina et descendre vers le Petit et le Grand Socco, le coeur battant de la ville, en parcourant les lieux visités par Matisse. Le peintre a fait deux séjours, un premier, bref, en janvier 1912 ; un second, plus long, d’octobre de la même année à février 1913. C’est après ce pas- sage qu’il peint Le Café marocain, une de ses oeuvres majeures, où il se tourne vers l’abstraction.
Le Marabout, rue Ibn Abbou, ou La Porte de la Casbah, sol rouge sur fond bleu, ont conservé leurs modèles et perspectives d’origine. De ses balades à travers la ville, le peintre a aussi tiré une soixantaine de dessins et croquis. Un itinéraire sur les traces de Matisse à Tanger peut être suivi par les visiteurs.