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	<title>LE web magazine de Tanger - tanger-experience.com &#187; Tag Archive | LE web magazine de Tanger - tanger-experience.com</title>
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	<description>Tanger par l&#039;expérience... de sa rédaction et de ses contributeurs</description>
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		<title>Comment le Maroc est devenu un haut lieu du tourisme.</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Nov 2023 16:33:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[@paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Tourisme]]></category>
		<category><![CDATA[Farid Bahri]]></category>
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		<description><![CDATA[Des explorateurs aux vacanciers, comment le Maroc est devenu un haut lieu du tourisme. Au Maroc, le tourisme est l’un des principaux secteurs d’activité et emploie 15% de la population active. Alors que les autorités s’affairent pour attirer les visiteurs malgré les dégâts causés par le séisme du 8 septembre, retour sur la façon dont [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Des explorateurs aux vacanciers, comment le Maroc est devenu un haut lieu du tourisme. Au Maroc, le tourisme est l’un des principaux secteurs d’activité et emploie 15% de la population active. Alors que les autorités s’affairent pour attirer les visiteurs malgré les dégâts causés par le séisme du 8 septembre, retour sur la façon dont le royaume s’est mué en destination de vacances, à partir du XIXe siècle.</strong></p>
<figure id="attachment_24899" style="width: 750px;" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/11/tourisme-maroc-750-23.png"><img class="wp-image-24899 size-full" title="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Tourisme au Maroc et à Tanger" src="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/11/tourisme-maroc-750-23.png" alt="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Tourisme au Maroc et à Tanger" width="750" height="516" /></a><figcaption class="wp-caption-text">Cap Spartel à Tanger en 2015. © Fadel Senna/AFP</figcaption></figure>
<p>« On suit le chemin qui tourne à droite devant la légation d’Allemagne […], la route assez mal pavée passe entre les talus du cimetière maure tout plein d’aloès […], au-delà du petit vallon se dresse El Monte, présentant sa face sud-est couverte de gourbis isolés. On arrive bientôt au ruisseau des Juifs, que l’on passait jadis sur un pont qui fut détruit par les eaux de l’hiver 1886-1887 […] et l’on a vite atteint le Cap Spartel, où se dresse le phare […]. C’est la pointe extrême nord-ouest du continent africain. C’est l’ancien cap de la vigne de Strabon. » Nous sommes à Tanger, ville du Nord du Maroc, sur le détroit de Gibraltar. Ces quelques lignes sont extraites du premier guide de voyage imprimé en 1888, justement à Tanger, par André de Kerdec-Chény.</p>
<p>Tout débute donc dans la ville du détroit. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les villes marocaines de l’intérieur sont hermétiquement fermées aux étrangers. On a pu voir des explorateurs tels que Charles de Foucauld se grimer en Juifs marocains afin de circuler sans entrave dans l’arrière-pays. Le Makhzen redoute alors comme la peste les évangélisateurs chrétiens.</p>
<h3><strong>Dans les bagages de la colonisation</strong></h3>
<p>Quoi qu’il en soit, le coup d’envoi du tourisme, au Maroc, est donné par la multiplication des lignes de steamers, comme ceux de la compagnie française Paquet, après les années 1880. « Paradoxe amusant : la saison touristique est plutôt l’hiver », explique l’historien français Jean-Louis Miège. Les « hivernants » sont en quête d’hivers doux. Et l’empire chérifien les leur offre. D’autant que ces vacanciers posent leurs malles dans les villes portuaires, à Tanger, Mogador [Essaouira], Mazagan [El Jadida], où l’influence océanique modère les frimas.</p>
<p>Le tourisme débute tout naturellement avec la colonisation. En 1830 en Algérie, en 1881 en Tunisie, et bien avant en Égypte, dans les années 1860, avec Thomas Cook. La particularité du Maroc est que la pénétration occidentale s’étale sur plus d’un demi-siècle. Difficile de fixer avec précision le moment où tout a commencé. Une chose est sûre, le tourisme, d’abord occasionnel à la charnière du XXe siècle, est dopé par l’établissement du protectorat, en 1912.</p>
<p>En 1921, Georges Desroches (auteur du Maroc, son passé, son présent, son avenir) détaille ainsi le trajet : « Pour gagner le Maroc au départ de Paris, on peut suivre l’un des trois itinéraires ci-après. 1° Paris-Marseille-Tanger-Casablanca ; 2° Paris-Bordeaux-Casablanca ; 3° Paris-Bordeaux-Madrid-Algésiras-Gibraltar-Tanger-Casablanca ». Tanger et Casablanca sont alors l’épicentre du tourisme. Une fois au Maroc, il est difficile de circuler en automobile. Routes et chemins de fer sont tout simplement inexistants jusqu’à la fin des années 1910.</p>
<p>En 1918, Lyautey met sur pied un Comité central du tourisme. Première institution marocaine chargée de coordonner et de développer le secteur, ce comité est l’ancêtre de l’Office chérifien du tourisme, puis de l’ONMT (Office national marocain du tourisme), qui verra le jour en 1946. « Le tourisme est appelé, sans aucun doute, après la guerre, à prendre au Maroc une extension [sic] aussi importante que celle que l’on a enregistrée en Algérie et en Tunisie, et qui a été si profitable à nos deux grandes colonies méditerranéennes », indique la revue France-Maroc du 15 octobre 1918.</p>
<p>Pour ce faire, Lyautey fait appel aux trois plus importantes organisations touristiques françaises de l’époque : le Club alpin français, le Touring club de France et l’Office national du tourisme. « Le réseau des routes qui vont relier les régions les plus lointaines aux ports de la côte se développe surtout à partir de 1930 », précise l’ethnologue Robert Montagne.</p>
<p>En attendant, le comité du tourisme protectoral pare au plus pressé. Les premiers animateurs touristiques de l’empire chérifien ne sont autres que des officiers. Pas très surprenant quand on sait qu’ils ont arpenté le terrain pour pacifier les quatre coins du pays…</p>
<h3><strong>Vendre des rêves exotiques</strong></h3>
<p>Afin de séduire les touristes, la littérature de voyage – en vogue depuis le XVIIIe siècle et la pratique du « Grand Tour », mise à la mode par la noblesse anglaise – vend de l’exotisme oriental. Par exemple, le guide Hachette de 1919 note que l’empire chérifien est « une terre du Moyen-Âge africain, avec une couleur et un charme locaux […]. Cette ancienne terre, avec ses anciennes pratiques, ses monuments remarquables et sa douce vie pastorale a été une source forte d’impressions ».</p>
<p>Ensuite, pour recevoir la clientèle huppée (les ouvriers ne bénéficieront des congés payés qu’à partir de 1936), Lyautey pense à construire des hôtels de luxe. En moins d’une décennie, La Mamounia, à Marrakech, puis le palais Jamaï, à Fès, sont aménagés pour accueillir les touristes. Le second, construit en 1879 par le grand vizir de Moulay Hassan Ben Mohammed (1873-1894), est réaménagé de fond en comble par la Compagnie générale transatlantique.</p>
<p>Au tournant des années 1930, le Maroc ne peut toutefois se visiter dans sa totalité. Et pour cause : le pays n’est pacifié qu’en 1934, avec la prise du djebel Saghro, dans le Haut-Atlas. Autre raison : l’absence de routes et d’établissements hôteliers. Certes, il existe des fondouks, à mi-chemin entre l’auberge et le caravansérail, mais ce sont des structures moyenâgeuses, où les hommes côtoient les montures. Par ailleurs, même si l’explorateur français René Caillié passe ses nuits dans des fondouks à son retour de Tombouctou, les aventuriers les évitent, redoutant la promiscuité.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, à côté des villes côtières, ce sont les villes impériales – Fès, Meknès, Marrakech, Rabat – et leurs environs qui deviennent des destinations touristiques dans l’entre-deux-guerres. Il faudra attendre l’après-guerre pour voir l’offre touristique se diversifier. Stations balnéaires, excursions en montagne, circuits… Les encarts publicitaires se multiplient dans la presse française du début des années 1950.</p>
<figure id="attachment_24900" style="width: 625px;" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/11/pub-tourisme-1950-23.png"><img class="wp-image-24900 size-full" title="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Tourisme au Maroc et à Tanger" src="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/11/pub-tourisme-1950-23.png" alt="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Tourisme au Maroc et à Tanger" width="625" height="795" /></a><figcaption class="wp-caption-text">Encart publicitaire dans « Le Figaro » du 4 décembre 1950.</figcaption></figure>
<p>Le Maroc semble alors en tête des destinations touristiques en Afrique, et tout est fait pour plaire aux touristes européens. En 1953, dans un pays dont l’on vante l’ensoleillement, les dunes et les plages, on crée une station de ski à Oukaimden, dans le Haut-Atlas, à une centaine de kilomètres de Marrakech. Deux premiers téléskis y sont installés.</p>
<p>Après 1956, le Maroc nouvellement indépendant comprend l’importance du tourisme. Il lui dédie un ministère. Ce n’est toutefois qu’une décennie plus tard, avec le plan triennal 1965-1967, qu’il commence à investir massivement dans le secteur. La situation politique n’est pourtant pas très propice. L’instabilité sociale et économique a des répercussions négatives sur le tourisme marocain. Qui plus est, jusqu’en 1978, l’investisseur principal est l’État. Ce n’est que dans les années 1980 que le secteur touristique, sous l’impulsion de la libéralisation et des privatisations, prend la physionomie qu’on lui connaît aujourd’hui.</p>
<p>Sous le règne de Mohammed VI, l’objectif de recevoir 10 millions de touristes en 2010 est atteint. L’intermède Covid, entre 2019 et 2022, porte toutefois un rude coup au secteur. En revanche, le séisme d’Al Haouz, le 8 septembre dernier, semble avoir eu un impact limité : ce même mois, le nombre de visiteurs a connu une hausse de 7%. Le cap des 14 millions sera aisément atteint cette année. On ignore seulement – et les statistiques de l’Observatoire du tourisme ne le disent pas – qui, des étrangers ou des MRE (Marocains résidant à l’étranger), sera venu faire le plein de soleil.</p>
<p><strong>Farid Bahri</strong> pour Jeune Afrique</p>
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		<title>Le Sultan Moulay Hassan défie l&#8217;occident.</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Jul 2023 06:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[@paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Farid Bahri]]></category>
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		<category><![CDATA[une politique au défi de l'occident]]></category>

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		<description><![CDATA[Un nouvel ouvrage de Farid Bahri intitulée &#171;&#160;Le Sultan Moulay Hassan. Une politique au défi de l&#8217;occident&#160;&#187; aux éditions Afrique Orient.  L&#8217;ouvrage a été présenté au salon du livre de Rabat. En vente dans les librairies de Tanger en juillet. Le Sultan Moulay Hassan ben Mohammed (1836 &#8211; 1894) va régner sur l&#8217;Empire chérifien 21 [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un nouvel ouvrage de Farid Bahri intitulée &laquo;&nbsp;Le Sultan Moulay Hassan. Une politique au défi de l&rsquo;occident&nbsp;&raquo; aux éditions Afrique Orient.  L&rsquo;ouvrage a été présenté au salon du livre de Rabat. En vente dans les librairies de Tanger en juillet.</strong></p>
<p><a href="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/06/Moulay-Hassan1er-7541-23.jpg"><img class="aligncenter wp-image-24379 size-full" title="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Moulay Hassan 1er par Farid Bahri" src="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/06/Moulay-Hassan1er-7541-23.jpg" alt="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Moulay Hassan 1er par Farid Bahri" width="750" height="410" /></a></p>
<p>Le Sultan Moulay Hassan ben Mohammed (1836 &#8211; 1894) va régner sur l&rsquo;Empire chérifien 21 ans durant. C&rsquo;est à l&rsquo;été 1873 alors qu&rsquo;il est dans une harka militaire dans les environs de Marrakech qu&rsquo;un messager lui annonce le décès de son père le Sultan Moulay Mohammed ben Abdallah.<br />
<a href="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/05/Couv-Moulay-Hassan.png"><img class="  wp-image-24338 alignleft" src="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/05/Couv-Moulay-Hassan.png" alt="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Le Sultan Moulay Hassan de Farid Bahri" width="322" height="454" /></a>Le destin le somme subitement de prendre ses responsabilités de chérif en chef, de amir al-mouminine, et de Sultan de l&rsquo;Empire du Maroc. Et quel destin ! Celle d&rsquo;une contrée dont il faut préserver coûte que coûte l&rsquo;intégrité et la souveraineté face aux prédations sournoises de la France, de l&rsquo;Angleterre, et de l&rsquo;Espagne.<br />
Le jeune Sultan de 37 ans a fort à faire. Non seulement l&rsquo;héritage de son grand-père et de son père, entaché par la défaite d&rsquo;Isly face aux Français, puis celle de Tétouan face aux Espagnols, est un fardeau encombrant. Mais les tribus de bled al-siba sont toujours prêtes à faire le coup de feu pour soutirer l&rsquo;un ou l&rsquo;autre avantage foncier ou fiscal.<br />
Et si ce n&rsquo;était que cela.<br />
Après seulement sept ans de règne, Moulay Hassan va voir tomber la Tunisie dans l&rsquo;escarcelle coloniale des Français. Mais c&rsquo;est un protectorat, contrairement à l&rsquo;Algérie conquise avec brutalité. Peu importe les mots, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un euphémisme pour parler de colonie soft. Alors en cette année 1880, la solitude du Sultan n&rsquo;a jamais été aussi profonde, lui, porté sur la mélancolie. Son empire est la seule portion encore libre du Maghreb voire du Machrek. N&rsquo;est-il pas le seul souverain de descendance arabe à régner dans dar al-islam ? Le reste de la umma est sous la chaussure turque ou la botte chrétienne. Alors sa tâche de dynaste est plus que jamais ardue. Le Sultan devient un super-Sultan. De mehalla en mehalla, il arpente le Royaume; des montagnes du Rif et de l&rsquo;Atlas au Sahara, des plaines atlantiques aux villes de la Méditerranée, il visite, il écoute, il prie, il guerroie, il pacifie&#8230; Moulay Hassan est présent et omniprésent. Il talonne par ses &laquo;&nbsp;mehallas&nbsp;&raquo; son prestigieux prédécesseur, Moulay Ismaël. Mais en ce XIXe siècle où la société occidentale accélère toujours un peu plus, la &laquo;&nbsp;umma&nbsp;&raquo;, elle, décélère. Alors le Sultan doit mettre les bouchées doubles pour combler l&rsquo;abyssal retard.<br />
Il règne pour travailler, et il travaille pour régner. Sans relâche, il ne lâche rien. Economie, finance, armée, religion, culture, Moulay Hassan passe personnellement la moindre affaire du Royaume au peigne fin. Chaque vizir, chaque caïd, chaque amin, chaque mohtassib du Royaume lui rend compte&#8230; C&rsquo;est à ce prix, celui de l&rsquo;effort de fer d&rsquo;un Sultan exceptionnel, que le Maroc reste à flot sans sombrer dans le maelström de la colonisation.</p>
<p>Pour toutes ces raisons, Moulay Hassan ben Mohammed est le dernier des grands Sultans de l&rsquo;Empire chérifien. Sa grandeur royale dans l&rsquo;histoire du Maroc est assurément aux côtés de Moulay Ismaël ben Chérif.</p>
<p><strong>FARID BAHRI &#8211; Le Sultan Moulay Hassan. Une politique au défi de l&rsquo;Occident</strong><br />
<strong> Editions Afrique Orient &#8211; Casablanca 2023</strong></p>
<p><em>Ouvrage en vente aux Colonnes et aux Insolites de Tanger</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><strong>Extrait de : <em>&laquo;&nbsp;Le Sultan Moulay Hassan. Une politique au défi de l’Occident&nbsp;&raquo;</em>. Ça se passe à Tanger&#8230;<br />
</strong></p>
<p>La visite du Sultan est donc hautement sensible dans un Tanger  devenue l’antichambre de l’Occident. L’arrivée du Sultan est d’autant plus mise en exergue que depuis Moulay Mohammed ben Abdallah, aucun souverain n’y a remis les pieds. Ce qui fait également de Tanger, une visite historique. C’est une visite porteuse d’un communiqué. Le Sultan n’a-t-il pas déplacé sa mehalla afin de clamer haut et fort l’intégrité du Royaume chérifien. Fouler les venelles de la médina et de la kasbah tangéroise ne sont-elles pas un message subliminal à l’endroit des diplomates étrangers se voyant en terrain conquis ? Dans le Nord, c’est bien un jihad soft que pratique Moulay Hassan. Rappeler les étrangers qu’ils sont dans un pays islamique. Et le programme sultanien en témoigne. « <em>Ce fut en grande pompe, suivi de toute son armée, que le souverain, entouré de son makhzen, pénétra dans la ville. A cette occasion il crut bon de tâter la susceptibilité du corps diplomatique en autorisant dans le cortège chérifien la présence d&rsquo;un bouffon entièrement nu et qui sur un cheval se livrait à des gestes obscènes </em>183 » raconte l’archéologue et diplomate Henri de la Martinière de la légation française à Tanger</p>
<p>(…)  Moulay Hassan s’installe dans la kasbah, la ville haute, une citadelle séparée du restant de la ville par des remparts et des portes que l’on ferme la nuit. C’est également le centre du pouvoir local où se trouvent toutes les institutions du Makhzen chérifien. Les légations, elles, sont situées dans le dédale de la médina, en contrebas. Le Sultan prend ses quartiers dans le palais du Pacha « (…) <em>aux fines dentelles creusées dans le plâtre des murailles, aux mosaïques et aux plafonds en boiserie sculptées, peintes et dorées (…) quelques réparations y ont été faites à différentes époques (…) sans la préoccupation de reconstituer les ornements primitifs (…) 185 </em>». Encore un indice qui ne trompe pas sur la rareté des visites de Sultans dans la ville du Nord. Bis repetita. Pour asseoir sa souveraineté aux yeux de toute la diplomatie occidentale présente à Tanger, le Makhzen improvise un mechouar sur la grande place de la kasbah pour accueillir les plénipotentiaires étrangers accourus le saluer et lui offrir des présents. Echanges de bons procédés. Il eut également une parade navale. Cela s’entend. La baie de Tanger, en cette fin du XIXe siècle, est la première rade du Maroc. Ensuite et à l’instar des autres cités du Royaume, Moulay Hassan donne des audiences aux habitants. Il écoute les doléances. Il visite les marabouts de la ville. Il inspecte longuement les murailles de la kasbah et de la médina, donne ses ordres. Il fait tirer aux canons Armstrong flambant neufs importés, par l’intermédiaire des Mac Lean, de Gibraltar.</p></blockquote>
<h3>A propos de Farid Bahri</h3>
<p><a href="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/06/Farid-Bahri-350.png"><img class="alignleft wp-image-24380 " title="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Moulay Hassan 1er par Farid Bahri" src="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/06/Farid-Bahri-350.png" alt="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Moulay Hassan 1er par Farid Bahri" width="165" height="236" /></a>Historien, spécialiste du Maroc, Farid Bahri est enseignant en histoire en Belgique.<br />
Titulaire d’un DEA d’études anglophones de l’Université de Tours (France) et d’un master en Histoire contemporaine de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), il s’intéresse en particulier à l’histoire du Maroc. Il a publié chez d’autres éditeurs :</p>
<p>&#8211; Destin nu, poèmes de la tangérinité, éditions Slaiki Akhawayne, Tanger, 2018</p>
<p>&#8211; 1830-1912, l&rsquo;Empire à l&rsquo;agonie ; le Maroc au gré de l&rsquo;Europe, éditions La Croisée des Chemins, Casablanca, 2023, à paraître</p>
<p>&#8211; Le Sultan Moulay Hassan, une politique au défi de l&rsquo;Occident, éditions Afrique Orient, Casablanca, 2023, à paraître</p>
<p>Il collabore également à des revues littéraires et historiques telles que <em>Qantara</em>, <em>Din wa Dunia</em>, <em>Tel Quel</em> ou <em>Zamane</em>.</p>
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		<title>A lire, &#171;&#160;Les Marocains et leurs langues&#160;&#187; de Farid Bahri.</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Mar 2023 09:53:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[@paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrivain]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Farid Bahri]]></category>
		<category><![CDATA[Les Marocains et leurs langues ; ce que parler quatre ou cinq langues veut dire]]></category>

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		<description><![CDATA[Farid Bahri, auteur natif de Tanger, nous propose son nouvel essai &#171;&#160;Les Marocains et leurs langues&#160;&#187; Ce que parler quatre ou cinq langues veut dire, qui  sera dans les librairies à partir du 6 avril. Vous pourrez trouver cet ouvrage à Tanger à la Libairie des Colonnes et aux Insolites. Il est également annoncé sur [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Farid Bahri, auteur natif de Tanger, nous propose son nouvel essai <em>&laquo;&nbsp;Les Marocains et leurs langues&nbsp;&raquo; Ce que parler quatre ou cinq langues veut dire</em>, qui  sera dans les librairies à partir du 6 avril. Vous pourrez trouver cet ouvrage à Tanger à la Libairie des Colonnes et aux Insolites. Il est également annoncé sur plusieurs plateformes virtuelles.</strong></p>
<p><a href="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/03/farid-bahri-75411.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-23821" src="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/03/farid-bahri-75411.jpg" alt="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Les marocains et leurs langues de Farid Bahri" width="750" height="410" /></a></p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Les Marocains et leurs langues&nbsp;&raquo;</strong> <em>Ce que parler quatre ou cinq langues veut dire. </em></p>
<p style="text-align: justify;">Quelle langue parle-t-on au Maroc ? La question paraît anodine. La réponse, pourtant, est loin d&rsquo;être évidente, tant il y a de langues dans ce pays. Chacune a un rôle bien spécifique mais toutes définissent des projets identitaires bien distincts, qui peuvent être antagonistes. L&rsquo;auteur analyse chacune d&rsquo;elles non sur le plan linguistique, qui n&rsquo;est pas l&rsquo;objet du livre, mais sur la place qu&rsquo;elles occupent dans la société marocaine et dans la politique de l&rsquo;Etat marocain.<br />
Au Maroc, on parle l&rsquo;arabe, bien sûr, mais celui-ci se décline en différentes versions, dialectale ou classique &#8211; et tous les intermédiaires -, entre lesquelles l&rsquo;intercompréhension n&rsquo;est pas toujours assurée, mais une partie des Marocains s&rsquo;exprime aussi en berbère (ou amazighe), langue qui possède plusieurs variantes régionales. Le français, voire l&rsquo;espagnol, hérités de la colonisation, et même aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;anglais, occupent toujours au Maroc une position incontournable&#8230;<br />
Ainsi, le jeune Marocain est confronté dès son plus jeune âge à cette surabondance linguistique avec laquelle il devra se débrouiller selon ses aspirations, ses études, sa classe sociale, la région où il vit&#8230; Cet empilement de langues est le fruit d&rsquo;une multitude d&rsquo;influences culturelles accumulées au cours de 2000 ans d&rsquo;Histoire et entre lesquelles les Marocains n&rsquo;ont pas encore su faire des choix définitifs.</p>
<h4><strong><em><span style="color: #333333;">Extrait sur Tanger, bien entendu&#8230;</span> </em></strong></h4>
<h4><em><a href="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/03/farid-bahri-langues-des-marocains-23.png"><img class="alignleft wp-image-23833 " title="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Les marocains et leurs langues de Farid Bahri" src="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2023/03/farid-bahri-langues-des-marocains-23.png" alt="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Les marocains et leurs langues de Farid Bahri" width="262" height="387" /></a></em>Quant à l’Empire britannique, encore à ses balbutie­ments, au XVIIe siècle, son occupation du territoire ma­rocain est considérablement plus restreinte dès lors qu’elle se réduit à Tanger et ses environs immédiats, et ce durant vingt-trois petites années. Le laps de temps est trop tassé pour permettre la fusion d’éléments de langage. Gardons à l’esprit que l’influence linguistique puise dans la longue durée. Quoi qu’il en soit, l’étude reste à faire si ce n’est qu’à travers notre expérience peut-on dénoter au moins deux expressions dans la darija tangéroise à ne trouver nulle part ailleurs au Maroc. Le verbe à préposi­tion gouwi (bas les pattes) dont l’étymologie est certai­nement go away. Il y a également cette intrigant trawzez pour désigner une paire de blue-jeans, et qui descend à coup sûr de l’anglais trousers (pantalon). Pour finir, au vu des données démographiques de Tan­ger au XVIIe siècle où les estimations donnent environ 2 000 habitants, sans compter la garnison anglaise, consti­tuée de commerçants espagnols, italiens et portugais. Peu d’autochtones comme le confirme Jean-Louis Miège. « (&#8230;) On entendait parler l’anglais (&#8230;) l’espagnol presque jamais l’arabe ou le berbère. Les musulmans étaient quasi absents de la place » commente-t-il. En tout état de cause, cela montre à bien des égards que l’aventure sociolin­guistique du Maroc est d’abord et avant tout un phéno­mène littoral.</h4>
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<p><em><strong>Farid Bahri</strong>, <strong>Les Marocains et leurs langues. </strong>Ce que parler quatre ou cinq langues veut dire. </em>Éditions Bibliomonde, Paris, 2023.</p>
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		<title>&#171;&#160;Tanger, l&#8217;histoire-monde du Maroc&#160;&#187; par Farid Bahri.</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Mar 2022 17:51:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[@paul]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Farid Bahri, au parcours emprunt de courage et de détermination, nous livre son premier essai historique qui s&rsquo;intitule: &laquo;&nbsp;Tanger, une histoire-monde du Maroc&nbsp;&raquo;, qui sera disponible dans sa ville natale à la librairie <em>les insolites.</em><br />
</strong></p>
<p><a href="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2022/03/farid-bahri-750-22.jpg"><img class="aligncenter wp-image-21556 size-full" title="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Farid-Bahri" src="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2022/03/farid-bahri-750-22.jpg" alt="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Farid-Bahri" width="750" height="1101" /></a></p>
<p>Tanger se situe sur le détroit de Gibraltar, entre l’Océan Atlantique et la mer Méditerranée. Cette position géographique va profondément inspirer son histoire.</p>
<p>Tout commence dans la Haute Antiquité, lorsque les Phéniciens et les Carthaginois en font un comptoir commercial. A partir de ce moment, elle ne cessera d’attirer la convoitise des puissances antiques jusqu’à devenir romaine. Tingis est alors une capitale provinciale celle de la Maurétanie tingitane mais son rayonnement est mondial c’est-à-dire, à l’échelle de l’Antiquité, sur tout le pourtour méditerranéen.</p>
<p>Cette romanité lui donne son destin-monde car elle vivra au rythme des Empires méditerranéens jusqu’à échoir aux mains des Arabes musulmans. Son destin islamique, partagé entre Al-Andalus et le Maroc commence.</p>
<p>Cette fois-ci, elle appartient à une autre mondialité ; celle de dar al-islam et de l’Empire musulman qui irradie aussi bien en Orient qu’en Occident. Lorsque ce dernier montre des signes d’affaiblissement lors de la Renaissance européenne, c’est au tour des Portugais et des Anglais de s’en emparer jusqu’au moment où un sultan chérifien en décide autrement et finit par la réintégrer dans le giron marocain.</p>
<p>Toutefois cette nouvelle destinée nationale est de courte durée car elle est élue capitale diplomatique de l’Empire chérifien à la fin du XVIIIe siècle. Légations et consulats s’y installent et les étrangers affluent des quatre coins de l’Occident pour y faire affaire. Ce statut de plaque tournante la rend éligible au début du XXe siècle au rang de ville internationale gérée par pas moins de neuf pays occidentaux. Il s’agit bien d’une mondialisation municipale qui ne dit pas son nom. Pas seulement, écrivains et milliardaires américains s’y bousculent. Des artistes français, espagnoles également. L’âge d’or mondial dure une trentaine d’année jusqu’à l’indépendance du Maroc.</p>
<p>Que reste-t-il aujourd’hui de ces mondialisations anciennes ? Les aménagements urbanistes tous azimuts font-ils de Tanger une ville, non plus mondiale mais mondialisée avec la multiplication des « non-lieux », depuis le nouveau port Tanger-Med jusqu’aux centres commerciaux qui émaillent la ville ?</p>
<p><strong>Farid Bahri, &laquo;&nbsp;<em>Tanger, une histoire-monde du Maroc&nbsp;&raquo;</em>, éditions BiblioMonde &#8211; Paris &#8211; Février 2022.</strong></p>
<h2><span style="color: #808080;"><strong>L&rsquo;auteur.</strong></span></h2>
<p>Farid Bahri est enseignant en histoire en Belgique. Titulaire d’un DEA d’études anglophones de l’Université de Tours (France) et d’un Master en Histoire contemporaine de l’Université Libre de Bruxelles ; il est épris par l’histoire de Tanger, sa ville natale. Il a publié de nombreux articles dans des revues littéraires et historiques telles que <em>Qantara</em>, <em>Din wa Dunia</em>, <em>Tel Quel</em> ou <em>Zamane</em>.</p>
<p>Il a également publié  <em>Destins nus, poèmes de la Tangérinité</em>  aux éditions Slaiki en 2018 (à compte d’auteur), accompagné de photos de la ville de mon ami journaliste Abdeslam Kadiri.</p>
<h2><span style="color: #808080;"><strong>A propos de Farid Bahri.</strong></span></h2>
<p><em><a href="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2022/03/Farid-Bahri-7541-22.png"><img class=" wp-image-21553 size-medium alignleft" title="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Farid-Bahri" src="https://www.tanger-experience.com/wp-content/uploads/2022/03/Farid-Bahri-7541-22-300x164.png" alt="tanger-experience - le web magazine de Tanger - Farid-Bahri" width="300" height="164" /></a>J’ai vu le jour à l’hôpital espagnol de Tanger vers 1 heure du matin selon ma mère&#8230;</em></p>
<p><em> Nous habitions le quartier populaire de Beni-Makada.</em></p>
<p><em> J’ai fait mon parcours scolaire au Lycée Regnault de Tanger. A l’adolescence, j’ai pris l’habitude d’arpenter longuement la ville. Ce qui m’attirait le plus étaient les venelles de la kasbah. La senteur du passé y est capiteuse entre ses murailles lépreuses.</em></p>
<p><em>Mon lieu de dépaysement et de refuge attitré était la nécropole punique sur le plateau du Marshan. Le Mare Nostrum s’y dévoile dans toutes sa splendeur millénaire. J’y rêvassais en contemplant l’allée et venue des ferrys dans le port. La falaise était une machine à remonter le temps. Elle ne l’est plus depuis que la route la scarifie. Adieu la vue millénaire qu’ont connu envahisseurs portugais et anglais…</em></p>
<p><em>Une fois un baccalauréat Lettres-philosophie langues A2 en poche, je m’exile en septembre 1990 vers l’université de Rouen où je cohabite avec mon cousin, venu en France, en tant qu’étudiant en économie, à la fin des années soixante-dix. La cohabitation ne se déroule pas sous de bons auspices. Le climat bougonneur de la Normandie me noie. J’abandonne mes études en histoire et rentre au bled.</em></p>
<p><em>Mes parents refusent de me voir traîner et (en) traîner dans les rues tangéroises. Ils me poussent. Je repars à l’université de Tours cette fois-ci. Toujours en histoire. Le cursus tourangeau ne me plaît pas. Année blanche. Devant le désespoir inavoué de mes parents, je me reprends. Je m’inscris de nouveau à la fac. Pour le coup en langue et civilisation étrangère, anglais. Les études me plaisent. Je vais de l’avant. Je décroche un DEA mais j’avorte la thèse pourtant bien avancée. Mésentente profonde avec ma directrice de thèse laminée par un deuil.</em></p>
<p><em>J’épouse ma femme actuelle (marocaine d’origine belge). Nous partons à Glasgow en Ecosse où j’ai obtenu un poste de lecteur à l’université de Strathclyde. Un an plus tard, nous revoilà à Bruxelles. J’enfile les petits boulots jusqu’au moment où le ministère de l’éducation belge m’appelle pour faire des petits remplacements par-ci par-là en tant qu’enseignant d’anglais. Mais mes diplômes sont français et la Belgique est un pays bilingue. Impossible d’obtenir une équivalence et d’obtenir un poste définitif. Que faire ? Je reviens à ma passion première : l’histoire. Je m’inscris à l’ULB (l’Université Libre de Bruxelles) et je reprends des études en histoire. J’obtiens un Master à finalité didactique en histoire. Trois ans plus tard, j’ai enfin un poste définitif à l’Athénée royal Jules Bordet à Soignies (ville en Wallonie, au sud de Bruxelles) où je suis installé avec ma femme et mes trois enfants.</em></p>
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