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	<title>LE web magazine de Tanger - tanger-experience.com &#187; Tag Archive | LE web magazine de Tanger - tanger-experience.com</title>
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	<description>Tanger par l&#039;expérience... de sa rédaction et de ses contributeurs</description>
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		<title>Abraham Bengio, à Tanger : la mémoire partagée&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Mar 2011 21:31:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[@paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Ecrivain]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage]]></category>
		<category><![CDATA[Abraham Bengio]]></category>
		<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[juif]]></category>
		<category><![CDATA[Les Colonnes]]></category>
		<category><![CDATA[Tanger]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;&#187; Les enfants, Un jour vous viendrez à Tanger, perle du Détroit, ville blanche, tourterelle posée sur l&#8217;épaule de l&#8217;Afrique&#8230; Oui, je sais cela ressemble un peu aux litanies de la Vierge: pourtant rien de moins vierge que cette ville si longtemps offerte à tous ceux qui voulaient la prendre. Vous viendrez à Tanger avec [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>&nbsp;&raquo; Les enfants,<br />
</em></p>
<p><em>Un jour vous viendrez à Tanger, perle du Détroit, ville blanche, tourterelle posée sur l&rsquo;épaule de l&rsquo;Afrique&#8230;</em></p>
<p><em>Oui, je sais cela ressemble un peu aux litanies de la Vierge: pourtant rien de moins vierge que cette ville si longtemps offerte à tous ceux qui voulaient la prendre.</em></p>
<p><em>Vous viendrez à Tanger avec moi ou en souvenir de moi&#8230;</em></p>
<p><em>Mais vous n&rsquo;y verrez pas, ou si peu, des Juifs. Il vous faudra découvrir Tanger sans les Juifs Tangérois&#8230;.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em> </em></p>
<figure id="attachment_1371" style="width: 600px;" class="wp-caption aligncenter"><em><em><a href="http://www.tanger-experience.com/wp-content/themes/lifestyle_10/images/2011/03/abraham-bengio-articleimg.png"><img class="size-full wp-image-1371" title="abraham-bengio-articleimg" src="http://www.tanger-experience.com/wp-content/themes/lifestyle_10/images/2011/03/abraham-bengio-articleimg.png" alt="" width="600" height="230" /></a></em></em><figcaption class="wp-caption-text">Signature d&#39;Abraham Bengio à la Librairie des Colonnes de Tanger</figcaption></figure>
<p><em> </em></p>
<p>Abraham, tu écrivais cela en 1996 dans ce superbe article qui circule de mains en mains ici et ailleurs car il va droit au coeur : &laquo;&nbsp;Rois ne puis, Prince ne daigne, Tangérois je suis&#8230;</p>
<p>Pavane pour une communauté Juive défunte &nbsp;&raquo; publié dans la revue Toulousaine Horizons Maghrébins .</p>
<p>Tu as mis 15 ans avant de de te décider à venir ici pour un court séjour avec tes deux garçons Raphaël, 21 ans et David, 18 ans.</p>
<p>Séjour court mais épique !</p>
<p>L&rsquo;heure était sans doute venue. Et, entre autres sollicitations,</p>
<p>Abraham, il a fallu qu&rsquo;on se rencontre sur le net, qu&rsquo;on débusque quelque liaison familiale en descendance du grand Rabi Mordekhaï,</p>
<p>qu&rsquo;on  découvre aussi des amis en commun, Jean Olivier et Philippe respectivement rédacteur en chef et journaliste de LYON Capitale, tenanciers aujourd&rsquo;hui depuis 3 ans de la plus ancienne Maison d&rsquo;hôtes, le &laquo;&nbsp;Dar Nour &nbsp;&raquo; perchée dans la Kasbah , Rachel Muyal qui a oeuvré pendant 27 ans aux Colonnes, Philippe Lorin et sa Fondation et bien d&rsquo;autres amoureux de Tanger installés depuis longtemps ou fraîchement débarqués, pour que tu franchisses le pas&#8230;</p>
<p>Il n&rsquo;y a pas de hasard et Tanger est certainement la ville de bien des coïncidences&#8230;et avec Lyon, la ville où tu vis, en particulier&#8230;.</p>
<p>Bienvenue dans la Cité du Détroit, Abraham avec toute ta famille !</p>
<p>Parlons un peu&#8230;</p>
<figure id="attachment_1372" style="width: 600px;" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.tanger-experience.com/wp-content/themes/lifestyle_10/images/2011/03/bengio-team.png"><img class="size-full wp-image-1372" title="bengio-team" src="http://www.tanger-experience.com/wp-content/themes/lifestyle_10/images/2011/03/bengio-team.png" alt="" width="600" height="184" /></a><figcaption class="wp-caption-text">Raphaël, David et Abraham Bengio en compagnie d&#39;Ismaël Sakkat</figcaption></figure>
<p>RECIT D&rsquo;UN PASSAGE</p>
<p>Après avoir tant et tant évoqué, raconté avec ferveur, décrit avec gourmandise son enfance dans cette ville qui fascinait, qui fascinait&#8230;à tes enfants, Abraham tu leur présentes aujourd&rsquo;hui la terre de tes ancêtres en compagnie de ton épouse Elisabeth.</p>
<p>Avoir attendu si longtemps pour faire ce périple est sans doute le signe de cette sorte de panique qu&rsquo;on peut éprouver face au dévoilement soudain de la mémoire transmise et la crainte d&rsquo;une discordance possible des souvenirs.</p>
<p>Confrontation de sa mémoire aux métamorphoses d&rsquo;une ville, confrontation de ses évocations que le  regard tout neuf de Raphaël et David allait explorer.</p>
<p>Le conte prend vie et certes Tanger n&rsquo;est pas une Belle au Bois Dormant qu&rsquo;on réveille d&rsquo;un baiser ! mais l&rsquo;ébauche d&rsquo;un nouveau dialogue avec tes fils.</p>
<p>Etourdissant retour vers une ville &laquo;&nbsp;tant changée &nbsp;&raquo; empreinte d&rsquo;une nouvelle modernité encore chaotique .</p>
<p>Etrange va et vient entre la permanence de la mémoire et l&rsquo;inconstance de la réalité.</p>
<p>Etrange sentiment  : &nbsp;&raquo; l&rsquo;unheimlich&nbsp;&raquo; dont parle Freud,à savoir l&rsquo;inquiétante étrangeté d&rsquo;être dans un endroit familier et par plusieurs points différent de ce que l&rsquo;on attend&#8230;</p>
<p>Mais Raphaël et David sont princes charmants ! Prêts à l&rsquo;aventure, prêts à exprimer leur plaisir de partager et d&rsquo;échanger avec toi toute une diversité de sensations, réactions,émotions nouvelles en pleine réalité !</p>
<p>Ils ont le discours vif et passionné , te laissant errer et te perdre souvent dans le dédale des rues qui te rend soudain étranger. &laquo;&nbsp;Je ne suis plus d&rsquo;ici&nbsp;&raquo; penses tu alors, Abraham !</p>
<p>Mais, soudain un élément familier réapparait, te saute aux yeux et l&rsquo;univers se restructure..la proximité des signes se recrée&#8230;</p>
<p>(pour retrouver le Lycée Regnault par exemple que tu as quitté à l&rsquo;âge de 14 ans )</p>
<p>Mais surtout, Abraham sur ton passage tu es toi même &laquo;&nbsp;reconnu&nbsp;&raquo; et c&rsquo;est cela peut-être qui a frappé le plus tes enfants. Tu es le vieux juif de retour (excuse moi Abraham !!)</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ce qui sauve tout, soulignes-tu, dans cette confusion des transformations c&rsquo;est les gens, les Tangérois, fiers, chaleureux, reconnaissants. Il y a un raccord temporel immédiat, une complicité retrouvée.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ainsi, les garçons relatent votre rencontre rue de la Synagogue avec 3 vieux Marocains à qui vous demandez la direction du Temple Nahon, et qui en hochant la tête se sont mis à évoquer le départ massif des Juifs&#8230; pour finir, ils se sont adressés à toi en disant :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Bien sûr, vous devez revenir ! C&rsquo;est votre terre. Nous sommes des frères &nbsp;&raquo;</p>
<figure id="attachment_1382" style="width: 300px;" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.tanger-experience.com/wp-content/themes/lifestyle_10/images/2011/03/Raphael-Aich.jpg"><img class="size-full wp-image-1382" title="Raphael-Aich" src="http://www.tanger-experience.com/wp-content/themes/lifestyle_10/images/2011/03/Raphael-Aich.jpg" alt="" width="300" height="212" /></a><figcaption class="wp-caption-text">Aïch et Raphaël</figcaption></figure>
<p>Autre anecdote révélée par Raphaël :</p>
<p>A la recherche de la tombe de tes ancêtres, ne reconnaissant plus rien dans le labyrinthe du cimetière Juif, tu t&rsquo;adresses à une dame âgée qui se trouvait là, gardienne des lieux sans doute.</p>
<p>Elle tente de vous aider sans résultat&#8230; mais quand tu te rappelles soudain que la &laquo;&nbsp;gueniza &nbsp;&raquo; était tout à côté, elle vous conduit directement à l&rsquo;emplacement recherché.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Soudain le cimetière m&rsquo;accueillait&nbsp;&raquo; as-tu songé en proie à la plus vive émotion. Un  très fort moment partagé jusqu&rsquo;à l&rsquo;eau offerte pour quitter les lieux.</p>
<p>Ce vieux cimetière abandonné est en réfection actuellement d&rsquo;où la remarque cinglante de Raphaël : &laquo;&nbsp;Au Maroc, on restaure les cimetières. En France, on profane les tombes Juives et Musulmanes &nbsp;&raquo;</p>
<p>Que dire après cela ? Que Raphaël et David reviendront c&rsquo;est sûr !!!</p>
<p>De plus, Abraham, comme tu as donné deux devises dans le questionnaire de Proust qui suit, je vais rajouter moi aussi une deuxième conclusion écrite de ta main lors de notre dernière correspondance :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Et tu peux ajouter une conclusion sur le projet un peu fou de sauvegarde et de valorisation du patrimoine culturel juif tangérois auquel je rêverais de me consacrer un jour, avec tous les partenaires qui pourraient apporter idées, moyens, ou force de travail : un film, une expo, un livre, un petit musée, une signalétique dans la ville, que sais-je ? &nbsp;&raquo;</p>
<p>A suivre !</p>
<p><em>Aïch Bengio</em></p>
<p><strong>La signature d&rsquo;Abraham Bengio à la Librairie les Colonnes &laquo;&nbsp;</strong></p>
<p>Son livre &nbsp;&raquo; Quand quelqu&rsquo;un parle, il fait jour &laquo;&nbsp;, une autobiographie linguistique remarquable et très vivante.<br />
Pour Abraham qui a la modestie de ne pas se présenter comme un écrivain mais un amoureux des livres et qui a gardé bien sûr le souvenir de cette librairie mythique dans laquelle il n&rsquo;osait entrer  enfant,<br />
ce fut un vrai bonheur de s&rsquo;adresser au nombreux public venu l&rsquo;écouter et le féliciter. Au dos de la couverture voici ce qui résume bien l&rsquo;ouvrage :</p>
<figure id="attachment_1375" style="width: 480px;" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.tanger-experience.com/wp-content/themes/lifestyle_10/images/2011/03/4-eme-de-couv-bengio.jpg"><img class="size-full wp-image-1375 " title="4 eme de couv-bengio" src="http://www.tanger-experience.com/wp-content/themes/lifestyle_10/images/2011/03/4-eme-de-couv-bengio.jpg" alt="" width="480" height="554" /></a><figcaption class="wp-caption-text">4 eme de couv du Livre d&#39;Abraham Bengio: &quot;Quand quelqu&#39;un parle, il fait jour&quot;</figcaption></figure>
<p><span style="color: #0000ff;"><br />
</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">LE QUESTIONNAIRE DE PROUST EN DIRECT DE TANGER :</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><span style="color: #000000;">Le principal trait de mon caractère ?</span><em><span style="color: #000000;"> </span>Curiosité, soif de savoir.</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><span style="color: #000000;">La qualité que je souhaite chez un homme ? </span><em>La complicité, compréhension par avance, l’indulgence.</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><span style="color: #000000;">La qualité que je souhaite chez une femme ?</span> </em>Une femme est un homme comme les autres&#8230; Un point de vue différent sur le monde, une sensibilité qui ouvre sur une autre réalité.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><span style="color: #000000;">Ce que j&rsquo;apprécie le plus chez mes amis ?</span> </em>L’humour dans sa diversité.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><span style="color: #000000;">Mon occupation préférée ?</span> </em>Lire, créer des mondes, des océans, entrer dans une saga universelle.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><span style="color: #000000;">Quel serait mon plus grand malheur ?</span> </em>La cécité.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><span style="color: #000000;">Ce que je voudrais être ?</span> </em>Bibliothécaire chez Borges.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><span style="color: #000000;">Le pays où je désirerais vivre ?</span> </em>Le monde.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><span style="color: #000000;">La couleur que je préfère ?</span> </em>Le rouge.</span></p>
<p><em>La fleur que j’aime ? </em><span style="color: #0000ff;">Les fleurs de Rhétorique.</span></p>
<p><em>L&rsquo;oiseau que je préfère ? </em><span style="color: #0000ff;">L’oiseau rare</span>.</p>
<p><em>Mes auteurs favoris en prose ? </em> <span style="color: #0000ff;">Proust et encore Proust, Cohen, François Rabelais.</span></p>
<p><em>Mes poètes favoris ? </em><span style="color: #0000ff;">Apollinaire, Char, Villon.</span></p>
<p><em>Mes héros dans la fiction ?</em> <span style="color: #0000ff;">Don Quichotte, Jean Valjean, Ernie Levy dans Le dernier des justes d’André Schwarz-Bart.</span></p>
<p><em> </em></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><span style="color: #000000;">Mes héroïnes dans la fiction ?</span> </em>Ariane Cassandre Corisande d&rsquo;Auble, la Princesse de Clèves, Zazie de Queneau et Chloé dans l&rsquo;Ecume des jours.</span></p>
<p><em><span style="color: #0000ff;"><span style="color: #000000;">Mes compositeurs préférés ?</span> </span></em><span style="color: #0000ff;">Satie, Bach, la musique médiévale, les chants grégoriens.</span></p>
<p><em>Mes peintres favoris ? </em> <span style="color: #0000ff;">Tàpies, Roman Opalka, José Hernandez.</span></p>
<p><em>Mes héros dans la vie réelle ? </em><span style="color: #0000ff;">Galilée, Ben Gourion, Jean Moulin.</span></p>
<p><em>Mes héroïnes dans la vie réelle ? </em><span style="color: #0000ff;">Lucie Aubrac, Louise Michel.</span></p>
<p><em>Mes noms favoris ? </em><span style="color: #0000ff;">Népomucène, Héliogabale.</span></p>
<p><em>Ce que je déteste par-dessus tout ? </em><span style="color: #0000ff;">Le fanatisme sous toutes ses formes.</span></p>
<p><em>Caractères historiques que je méprise le plus ? </em><span style="color: #0000ff;">Les missionnaires convertisseurs.</span></p>
<p><em>Le fait militaire que j&rsquo;admire le plus ? </em><span style="color: #0000ff;">La bataille d’Hernani.</span></p>
<p><em>La réforme que j&rsquo;estime le plus ? </em><span style="color: #0000ff;">L’abolition de la peine de mort.</span></p>
<p><em>Le don de la nature que je voudrais avoir ?</em> <span style="color: #0000ff;">Cinq fois plus de mémoire.</span></p>
<p><em>Comment j&rsquo;aimerais mourir ? </em><span style="color: #0000ff;">En épectase comme Jean Daniélou (sorti de lui-même dans un élan de charité !)</span></p>
<p><em>État présent de mon esprit ? </em><span style="color: #0000ff;">Euphorique.</span></p>
<p><em>Fautes qui m&rsquo;inspirent le plus d’indulgence ?</em> <span style="color: #0000ff;">La gourmandise, les excès en tout…</span></p>
<p><em>Ma devise ?  <span style="color: #0000ff;">« </span></em><span style="color: #0000ff;">N’aspire pas ô mon âme à la vie éternelle mais épuise le champ des possibles »</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><sub>(citation de Pindare extraite du Cimetière marin de Paul Valéry)</sub></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">et  le vers d&rsquo;Apollinaire dans Calligrammes : « la beauté de la vie passe la douleur de mourir »</span></p>
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		<title>La saga juive de Tanger par Abraham Bengio</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Sep 2010 16:02:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[@paul]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage]]></category>
		<category><![CDATA[civilisation]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[juif]]></category>

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		<description><![CDATA[Extraits d&#8217;articles d&#8217;Abraham Bengio parus dans  la revue &#171;&#160;Horizons Maghrébins&#160;&#187; : &#160;&#187; Roi ne puis, Prince ne daigne, Tangérois je suis &#8211; Pavane pour une communauté juive défunte &#171;&#160; Pour moi, j&#8217;ai quitté Tanger en 1964, à l&#8217;âge de 14 ans : si mon enfance et jusqu&#8217;à mes premières amours furent tangéroises, je ne comprenais [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Extraits d&rsquo;articles d&rsquo;Abraham Bengio parus dans  la revue &laquo;&nbsp;Horizons Maghrébins&nbsp;&raquo; :</strong></p>
<p><span style="color: #000080;"><em>&nbsp;&raquo; Roi ne puis, Prince ne daigne, Tangérois je suis &#8211; Pavane pour une communauté juive défunte &laquo;&nbsp;</em></span></p>
<figure id="attachment_1352" style="width: 123px;" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.tanger-experience.com/wp-content/themes/lifestyle_10/images/2010/09/Abraham-Bengio.png"><img class="size-full wp-image-1352" title="Abraham Bengio" src="http://www.tanger-experience.com/wp-content/themes/lifestyle_10/images/2010/09/Abraham-Bengio.png" alt="" width="123" height="135" /></a><figcaption class="wp-caption-text">Quel beau sourire, quelle belle barbe...</figcaption></figure>
<p>Pour moi, j&rsquo;ai quitté Tanger en 1964, à l&rsquo;âge de 14 ans : si mon enfance et jusqu&rsquo;à mes premières amours furent tangéroises, je ne comprenais pas grand chose en revanche au Tanger des adultes, à ce monde diurne des affaires (mais je me souviens des cambistes, ces personnages mystérieux que je voyais officier dans leurs drôles de petits kiosques) ou à celui plus nocturne des plaisirs. L&rsquo;image que je garde de la ville n&rsquo;est donc guère polluée par le souvenir, plus ou moins légendaire, d&rsquo;un Tanger plaque tournante de trafics étranges ou de voluptés inouïes.</p>
<p><strong>Mais les sensations de l&rsquo;enfance restent si vives encore qu&rsquo;elles provoquent parfois des douleurs comparables à celles qu&rsquo;éprouvent, dit-on, les amputés. U</strong>n peu partout dans le monde, on me montre des plages, et je m&rsquo;étonne le plus souvent que des personnes apparemment saines d&rsquo;esprit puissent désigner ainsi une étendue de galets ou de sable grossier, baignée par des eaux nauséabondes où l&rsquo;on perd pied au bout de quelques mètres.</p>
<p>De même, une campagne sans eucalyptus ni mimosas, ni troupeaux de chèvres dans le soir qui tombe, m&rsquo;ennuie comme le plus fade des potagers.</p>
<p>Mais surtout, me font pitié les efforts qu&rsquo;il faut déployer, chez nous en France, afin de promouvoir le respect et la reconnaissance mutuelle entre des communautés d&rsquo;origine différentes &#8211; ce que nous baptisons pompeusement &laquo;&nbsp;interculturalité&nbsp;&raquo; : c&rsquo;est que je me souviens de ces journées d&rsquo;été où, après un bain de mer, nous pouvions choisir de déguster une pâtisserie française chez Porte ou juive chez Pilo ou Anidjar ou de croquer des churros madrileños trempés dans du chocolat si épais que la cuiller tenait debout sans s&rsquo;incliner ou encore d&rsquo;aller trouver le marchand ambulant venu d&rsquo;Andalousie avec ses barquillos croustillants (ce sont les &laquo;&nbsp;oublies&nbsp;&raquo; chères à Jean-Jacques Rousseau), avant de nous attabler chez Elias pour<strong> commander des keftas et des pinchitos morunos</strong> et de finir la soirée à la Nueva Ibense, le café valencien célèbre pour son horchata et son granizado de limon.</p>
<p>Tous ces délices étaient l&rsquo;occasion d&rsquo;entendre parler chacun dans sa langue ou avec son accent spécifique, et de passer, dans le même après-midi de Mozart au cante jondo et à la musique orientale. Plus gravement, c&rsquo;est que je me souviens aussi comment, chaque vendredi soir et chaque jour de fête, mon père me prenait par la main ; nous quittions le Tanger moderne du boulevard Pasteur, des immeubles &laquo;&nbsp;à l&rsquo;européenne&nbsp;&raquo; et des beaux magasins pour remonter l&rsquo;histoire vers le Tanger traditionnel ; nous traversions des quartiers aux fortes senteurs de crottin, d&rsquo;épices et de menthe fraîche, nous passions devant une mosquée, nous longions le vieux cimetière juif dont l&rsquo;odeur rassurante, gravée dans ma mémoire, suffit encore aujourd&rsquo;hui à apprivoiser en moi l&rsquo;idée de la mort, et nous parvenions enfin dans la « calle de las esnogas », la vieille rue des synagogues pour participer à l&rsquo;office religieux.</p>
<p>Assez les enfants, assez sacrifié à la nostalgie. Je voudrais plutôt essayer à présent, comme un historien se penche sur une civilisation disparue, de vous dire ce qu&rsquo;étaient ces juifs de Tanger, du temps heureux où la préposition &laquo;&nbsp;de&nbsp;&raquo; ne désignait pas une origine mais une appartenance.</p>
<p>Il y a deux ans, l&rsquo;Espagne commémorait avec un éclat paradoxal le cinquième centenaire de l&rsquo;expulsion des juifs par les Rois Catholiques. Pour atténuer le paradoxe, la jeune démocratie espagnole avait résolu de placer les cérémonies sous le signe des retrouvailles. Des expositions, des ouvrages savants ou de vulgarisation, des films documentaires firent ainsi découvrir au grand public le destin singulier de ces juifs sépharades restés fidèles, au long des siècles, à la langue et aux coutumes de leur ingrate patrie.</p>
<p>Or, Tanger fut à la fois la première et la dernière de ces cités sépharades aujourd&rsquo;hui légendaires. La dernière, car le départ des juifs tangérois est postérieur de plus de vingt ans à la Shoah, au cours de laquelle, comme leurs soeurs ashkénazes, les communautés juives hispanophones d&rsquo;Europe centrale furent exterminées par les nazis: à la fin de la deuxième guerre mondiale, Salonique, la Jérusalem des Balkans, dont la majorité de la population était naguère constituée de juifs sépharades, fut littéralement rayée de la carte du monde juif. Et pendant vingt ans, Tanger fut (avec son &laquo;&nbsp;arrière-pays&nbsp;&raquo; : Tétouan, Asilah, Larache, etc.) la seule communauté au monde où des juifs autochtones, en nombre significatif, s&rsquo;exprimaient naturellement en judéo-espagnol, c&rsquo;est-à-dire dans ce castillan du XVème siècle que les exilés d&rsquo;Espagne avaient emporté avec eux; un castillan très ancien, mêlé d&rsquo;hébreu, et dont notre variante locale, avec ses emprunts à l&rsquo;arabe, s&rsquo;appelle jaketia : c&rsquo;est la langue dont je me sers encore lorsque je vous dis des mots doux : mi rey, mi vida mi jial pintado, mi diamante fino, luz de mis ojos me vaya yo kaparà por ti, escapado de mal me seas, escapado de l&rsquo;aïnarà&#8230;</p>
<p>Dernière cité sépharade, Tanger fut aussi la première, et même avant la lettre. Carlos de Nesry, dans son ouvrage sur Le juif de Tanger et le Maroc, en fait l&rsquo;observation. Permettez-moi de le citer car je ne saurais mieux dire. Parlant de l&rsquo;apport espagnol si décisif dans l&rsquo;histoire de cette communauté, il note qu&rsquo; &laquo;&nbsp;il a précédé l&rsquo;exode juif sous les Rois Catholiques. Dès le haut moyen âge des contacts s&rsquo;établissaient avec la Péninsule. C&rsquo;est l&rsquo;époque qu&rsquo;on peut appeler pré sépharade. L&rsquo;Age d&rsquo;or du judaïsme espagnol eut des reflets tangérois. On peut même avancer que la renaissance sépharade s&rsquo;est développée sur les deux versants du Détroit. Bien entendu, les Halevy et les Maïmonide ont manqué de ce côté-ci, mais une parenté spirituelle indéniable s&rsquo;était établie dés cette époque, que les impératifs géographiques ne pouvaient que favoriser. Le décret d&rsquo;Isabelle de Castille fut la conclusion de ces prémices. Eteint en Espagne, le flambeau de cette civilisation passa désormais à ces rivages où il continua à briller d&rsquo;un éclat moindre mais sur des réserves durables&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Poussons jusqu&rsquo;au bout ce raisonnement, et nous parviendrons à la conclusion que les juifs de Tanger ont cultivé la référence à l&rsquo;Espagne pendant près d&rsquo;un millénaire, plus qu&rsquo;aucune autre communauté sépharade au monde, et plus longtemps que leurs propres ancêtres dans la Péninsule Ibérique, car on admettra volontiers que mille ans avant l&rsquo;expulsion, soit vers la fin du Vème siècle, avant même la conquête arabe, il y avait sans doute des juifs en Espagne&#8230; mais l&rsquo;Espagne n&rsquo;était pas encore née. L&rsquo;exaltation venant, vous me feriez écrire que les juifs de Tanger furent, à la veille de leur départ, la plus ancienne communauté juive espagnole ayant jamais existé&#8230;</p>
<p>Si le sépharadisme peut se définir comme une double nostalgie, celle du Temple de Jérusalem et celle des fastes de la civilisation espagnole &#8211; Tolède et Cordoue -, le juif tangérois en est la quintessence. Le soin jaloux qu&rsquo;il apporte à la prononciation de l&rsquo;hébreu en est une preuve supplémentaire encore qu&rsquo;inattendue. Ce point exige sans doute un mot d&rsquo;explication. Si la langue hébraïque, sous sa forme écrite, s&rsquo;est pieusement transmise sans la moindre altération au long des générations et à travers tous les exils, sa prononciation en revanche a beaucoup souffert au contact, ici de l&rsquo;arabe, là de l&rsquo;allemand et des langues slaves, ailleurs du turc. Seules les communautés sépharades, et tout particulièrement celles du nord du Maroc, ont pu rester fidèles &#8211; par une combinaison de hasards historiques et géographiques &#8211; à la prononciation originelle. L&rsquo;Etat d&rsquo;Israël a d&rsquo;ailleurs reconnu ce phénomène en proclamant officiellement que notre manière de prononcer les voyelles, de rouler les &laquo;&nbsp;r&nbsp;&raquo;, de marquer les consonnes gutturales (je vous épargne pour cette fois-ci les autres subtilités, telles que le guimel avec ou sans daguesh ou la regrettable prononciation ashkénaze du tav final&#8230; ) était la seule correcte. Officiellement, certes, mais dans les faits, la prononciation israélienne résulte d&rsquo;un compromis entre cet idéal&#8230; et les possibilités limitées du gosier des pionniers, dont la langue maternelle était le yiddish, le russe ou le polonais. Comme cette prononciation dite &laquo;&nbsp;moderne&nbsp;&raquo; tend à se répandre par mimétisme dans toute la diaspora, il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;à espérer qu&rsquo;au jour du jugement dernier, il restera un descendant de juif tangérois pour servir d&rsquo;interprète entre les tenants de la prononciation moderne et les générations de la Bible et du Talmud&#8230;</p>
<p><em>D&rsquo;après Aïch Bengio</em></p>
<p><span style="color: #800080;"><strong>Abraham BENGIO</strong></span></p>
<p><span style="color: #800080;">Abraham Bengio est né à Tanger (Maroc) en 1949.</span></p>
<p><span style="color: #800080;">Il a été naturalisé français le 25 mars 1971.</span></p>
<p><span style="color: #800080;">Après des études et de nombreux diplômes en poche (maîtrise de lettres classiques, puis agrégation de lettres classiques ; licencié en linguistique générale), il a successivement été, entre autres, professeur de lettres dans un lycée en région parisienne, directeur de l&rsquo;Institut français de Madrid, directeur régional des affaires culturelles de plusieurs régions, délégué général adjoint à la langue française et aux langues de France&#8230; Outre sa langue maternelle, l&rsquo;espagnol, il pratique notamment le français, l&rsquo;anglais, l&rsquo;italien, l&rsquo;hébreu et le catalan&#8230; Par ailleurs, Abraham Bengio a aussi été président de la Maison d&rsquo;Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés.</span></p>
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