Le Donkey Museum de Tanger ouvre une nouvelle étape de son histoire avec l’exposition « CHEVAL 2.3 » de Marceau V. M. à voir du 4 septembre au 6 novembre 2026.
Un projet né de rencontres, de rencontres encore, de curiosité et de 12 années de construction autour du musée et de sa communauté.
Cheval 2 . 3 Heureux qui comme Ulysse s’en va en guerre…
Amélioré, modifié, transformé. Le cheval est si singulier par sa beauté, ses courbes ciselées et son omniprésence dans un imaginaire de bravoure et de victoire. On le sait lié aux hommes, compréhensif et obéissant. D’une intelligence servile.
C’est l’animal le plus représenté dans l’art depuis les premières peintures rupestres. Courant au dos de pièces de monnaie, portant Alexandre en mosaïque et les autres empereurs qui lui succéderons aussi. Puis en statues ou en peinture soutenant les rois et les généraux, galopant empli de rage vers l’ennemi, presque fier de mourir sur le champ de bataille.
On le voudrait volontiers libre, courant dans les herbes hautes, en oubliant un peu vite que cette liberté c’est nous qui l’avons tuée. En réalité cet animal est le seul (avec l’Homme) capable de mourir pour des raisons qui le dépassent. Il ne nous vend qu’une seule chose, la guerre, partout et pour toujours.
Le travail que vous allez voir s’inscrit dans cette réflexion et engage une tentative de déconstruction de nos symboles civilisationnels. J’ai essayé de retransmettre par le papier le cheval sans ses fards, beautée fine mais aussi absurdité d’une création guerrière. Pourquoi, à la vue d’un tel animal, éprouvons nous tel sentiment, telle sensation, quelles constructions passées nous ont amené à ne plus le voir pour ce qu’il est mais a en faire un acteur du triomphe du cirque. Quelles ombres portent alors sur nous ces grandes statues victorieuses ?
A propos de Marceau V. M.
Jeune artiste-plasticien contemporain de 22 ans originaire du Jura. Il a été libraire indépendant. Engagé à Dakar et à Tanger. Il travaille notamment sur la déconstruction des symboles civilisationnels et militaires, en se réappropriant la figure du cheval (présenté sans fards, entre fine beauté et absurdité guerrière).
Vernissage le vendredi 4 septembre à 18h, au 49, Rue de la Kasbah, au Donkey Museum.
Ne ratez pas l’occasion de rencontrer l’artiste et de discuter de ce qui l’anime…
