Selon la plateforme internationale « Numbeo », Tanger est désormais la ville marocaine au coût de la vie le plus élevé, reléguant Casablanca, Rabat et Marrakech derrière elle. Cette évolution rompt avec une hiérarchie longtemps dominée par la capitale économique.
L’indice de Tanger s’établit à 36,12 points, selon Numbeo. Cette progression s’inscrit dans une dynamique amorcée depuis plusieurs années. En effet, la ville a connu un essor démographique et économique très important, stimulé par de grands investissements industriels, le développement de plateformes logistiques et une attractivité touristique croissante.
Ces transformations se répercutent directement sur les prix, en particulier le logement, suivi par les services, la restauration et l’ensemble des dépenses quotidiennes. La hausse affecte autant les habitants historiques que les nouveaux arrivants attirés par les opportunités professionnelles.
Confiance des ménages : un moral en légère amélioration
Toutefois, malgré la flambée des prix, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) note une amélioration de l’Indice de confiance des ménages (ICM) au quatrième trimestre 2025. Celui-ci s’établit à 57,6 points, contre 53,6 points au trimestre précédent et 46,5 points à la même période de 2024.
Ce redressement traduit un moral des ménages en progression, sans effacer pour autant les inquiétudes liées au niveau de vie et à l’emploi. Selon l’enquête, un ménage sur deux anticipe toutefois une baisse de son niveau de vie en 2026.
Sur le plan continental, Tanger figure désormais dans le top dix des villes africaines au coût de la vie le plus élevé, occupant la neuvième place derrière Abidjan, Addis-Abeba et Johannesburg. À l’inverse, des pays comme la Libye et l’Égypte enregistrent des niveaux de vie beaucoup plus abordables.
Au niveau mondial, Tanger se situe au 376e rang sur 479 villes recensées, relativisant sa cherté hors du contexte marocain et africain. Le royaume, 16e en Afrique, se distingue moins par un coût de la vie extrême que par des déséquilibres internes entre ses grandes métropoles, soulignant que le phénomène est localisé et non généralisé.
