Pierre Bergé, un mécène passionné du Maroc et reconnu par le royaume

Homme d’affaires et cofondateur de la maison de couture Yves Saint Laurent, Pierre Bergé s’est éteint vendredi 8 septembre 2017 à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône) à l’âge de 86 ans. Mécène installé au Maroc depuis plus de 50 ans, il a œuvré à la préservation et à la promotion du patrimoine culturel du royaume chérifien, qui l’a en retour décoré pour cet investissement. Retour sur cet aspect de l’homme.

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Homme d’affaires et cofondateur de la maison de couture Yves Saint Laurent, Pierre Bergé s’est éteint ce vendredi 8 septembre à l’âge de 86 ans.

« Je ne sais pas, c’est le coup de foudre, le coup de foudre dans la vie », confiait Pierre Bergé à VH magazine en février 2016, en parlant de son premier séjour à Marrakech, 50 ans plus tôt.

 

Rue Yves Saint Laurent à MarrakechAccompagné de son conjoint Yves Saint Laurent, il découvrait ce qui deviendra le jardin Majorelle. « Nous fûmes séduits par cet oasis où les couleurs de Matisse se mêlent à celles de la nature », écrivait-il dans l’ouvrage « Yves Saint Laurent, Une passion marocaine ». En 1980, il sauve le jardin qui devait laisser place à un projet hôtelier et le transforme en oasis aux couleurs chatoyantes. L’endroit devient également un lieu culturel accueillant des expositions et un des lieux les plus visités du pays (plus de 700 000 visiteurs par an).

Depuis 2011, un musée berbère est installé au cœur du jardin. « Il y a un type qui a une quarantaine d’années qui s’est mis à pleurer et qui m’a dit : Vous ne pouvez pas savoir ce que ça fait pour moi. Je suis berbère et tous ces objets là, je les ai vus chez mes grands-parents, je n’aurais jamais pu penser qu’un jour cela puisse être exposé dans un musée ! », indiquait Pierre Bergé. La même année, le Jardin Majorelle et le musée sont reconnus d’utilité publique. L’association qui gérait ces lieux devient la Fondation Jardin Majorelle, qui soutient des actions culturelles, éducatives et sociales au Maroc.

Son escale à Tanger
« Yves Saint Laurent venait d’Oran, je suis né à Saint-Pierre d’Oléron, Tanger étant à la rencontre de la Méditerranée et de l’Atlantique, il me semblait évident de nous y installer », déclarait Pierre Bergé en septembre 2013. Là, il avait acquis la maison Léon L’Africain, dit Hassan al-Wazzan, du nom d’un explorateur d’Afrique du Nord des XVe et XVIe siècles, située au centre-ville. Il y entreprit de gros travaux de rénovations.

En 2010, il rénove la Librairie des Colonnes, la plus ancienne librairie de Tanger, et la transforme en espace de promotion de la culture tangéroise. Celle-ci est notamment mise à l’honneur à l’occasion du festival Correspondances de Tanger dont la première et dernière édition est organisée en 2012.

« Je me sens Marocain »
Afin de remercier Pierre Bergé pour ses nombreux engagements culturels au Maroc, le roi Mohammed VI lui remit en décembre 2016 le Grand Cordon du Wissam Alaouite, un titre honorifique marocain créé en 1913 décernés notamment à des personnalités étrangères ayant rendu des services éminents au pays.

« Par cette distinction, Sa Majesté le Roi a salué la profonde connaissance et la contribution de Monsieur Bergé en faveur de la promotion et de la préservation du patrimoine traditionnel marocain, rendant ainsi hommage à l’implication personnelle et au temps que consacre Pierre Bergé à ses différents projets culturels au Maroc, tels que le musée de la Fondation à Marrakech », avaient fait part les autorités.

Pierre Bergé et le roi MohammedVI
Pierre Bergé et le roi MohammedVI

Président de l’Opéra de Paris, fondateur du Courrier international ou encore copropriétaire du journal Le Monde, Pierre Bergé était un homme aux multiples casquettes. Il avait lancé l’ouverture du nouveau musée Yves Saint Laurent à Paris et à Marrakech, deux espaces prévus d’ouvrir au cours du mois d’octobre 2017 en hommage au couturier. Pour financer le musée, la collection d’art islamique de Pierre Bergé et d’Yves Saint Laurent a été mise en vente dans la ville ocre en 2015. Un pied en France, l’autre au Maroc, pour celui qui disait: « Je me sens marocain ».

Linda Lefebvre

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