L’Institut français du Maroc présente à la Galerie Delacroix Paraboles : Une Odyssée Hertzienne, une exposition de l’artiste Hiba Baddou du 12 mai au 12 juin 2026 .
Née à Rabat en 1997, Hiba Baddou développe une pratique pluridisciplinaire à la croisée de la photographie, du film, de la sculpture et de la fiction spéculative. Son travail interroge les circulations contemporaines des images et des récits, en lien avec les transformations culturelles et sociales induites par les technologies de transmission.
Avec Paraboles : Une Odyssée Hertzienne, l’artiste propose une exploration sensible et critique de l’impact des flux médiatiques sur nos imaginaires et nos manières d’habiter le monde. Point de départ de cette réflexion : l’antenne parabolique, objet familier du paysage urbain marocain depuis les années 1980, devenu ici symbole de réception et de projection vers l’ailleurs.
À travers une série d’œuvres photographiques, sculpturales et filmiques, Hiba Baddou transforme cet objet technique en figure poétique et politique. Les paraboles, parfois fabriquées artisanalement à partir de couscoussiers détournés, témoignent d’une époque où l’accès aux images venues d’ailleurs a profondément redéfini les horizons culturels. Les toits des villes deviennent ainsi des paysages d’antennes, révélateurs d’un monde connecté, traversé par des flux invisibles.
L’exposition se déploie comme un récit immersif structuré autour de plusieurs ensembles. Les photographies documentent ces architectures du signal dans des territoires périphériques, tandis que certaines images mettent en scène des figures humaines coiffées de paraboles, métaphore d’une humanité devenue réceptrice permanente d’images.
Les installations et sculptures prolongent cette réflexion, notamment Cous-mic (Constellation de 101 couscoussiers), qui revisite l’objet domestique en tant que dispositif de captation, ou encore La Parabomobile, un triporteur hérissé de paraboles évoquant une hyperconnexion paradoxale, entre mobilité et saturation d’informations.
Au cœur du projet, Hiba Baddou imagine la République d’Hertz, un univers fictionnel où les identités se construisent à partir des flux médiatiques. Cette cosmogonie contemporaine se matérialise à travers un ensemble de symboles et d’objets : un alphabet hertzien, des parchemins, un passeport et un ouvrage fondateur, 72 MHz (Le Livre sacré), qui inscrit cette fiction dans une dimension quasi mythologique.
Le film Paraboles : La Sacralisation des Images vient compléter cet ensemble en proposant une chorégraphie visuelle où des corps deviennent des antennes vivantes, incarnant une relation au monde profondément médiatisée.
À travers cette œuvre ambitieuse, Hiba Baddou interroge notre rapport aux images, à l’ailleurs et à la mémoire collective. Paraboles : Une Odyssée Hertzienne esquisse ainsi les contours d’une mythologie contemporaine, où les ondes deviennent langage, territoire et récit.
Galerie Delacroix – Institut français à Tanger
Du 12 mai au 12 juin 2026
Vernissage : mardi 12 mai à 19h30 en présence de l’artiste
Entrée libre
A propos de Hiba Baddou
Hiba Baddou (née en 1997 à Rabat) est une artiste pluridisciplinaire dont la pratique s’étend au cinéma, à la photographie, à la peinture, à la performance et à la direction artistique. Ancrée dans la culture marocaine, son œuvre explore les notions d’identité, de rituel et de langage à travers un prisme rétro-futuriste. Diplômée de l’EICAR Paris (meilleure réalisation et meilleure photographie) et de Penninghen (Master en direction artistique, prix du jury présidé par Jean-Charles de Castelbajac), elle a développé un langage visuel singulier mêlant narration et symbolisme.
Son travail a été exposé dans des institutions majeures au Maroc et à l’international, notamment au MACAAL, à la Biennale de Dakar et à Paris Photo. Son projet Paraboles, qui explore le pouvoir des images et les questions de migration, a reçu une reconnaissance internationale, remportant le Art for Change Prize à la Saatchi Gallery ainsi que le prix du meilleur film d’art à l’AVIFF (2024).
En parallèle de sa pratique artistique, elle collabore avec des musiciens tels que David August, Manu Chao, Keziah Jones et Amadou & Mariam, en créant des identités visuelles et des performances. Son travail tisse image, son et geste en des systèmes poétiques qui interrogent notre manière de voir, de nous souvenir et d’appartenir.
