« Tanger, l’histoire-monde du Maroc » par Farid Bahri.

Farid Bahri, au parcours emprunt de courage et de détermination, nous livre son premier essai historique qui s’intitule: « Tanger, une histoire-monde du Maroc », qui sera disponible dans sa ville natale à la librairie les insolites.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - Farid-Bahri

Tanger se situe sur le détroit de Gibraltar, entre l’Océan Atlantique et la mer Méditerranée. Cette position géographique va profondément inspirer son histoire.

Tout commence dans la Haute Antiquité, lorsque les Phéniciens et les Carthaginois en font un comptoir commercial. A partir de ce moment, elle ne cessera d’attirer la convoitise des puissances antiques jusqu’à devenir romaine. Tingis est alors une capitale provinciale celle de la Maurétanie tingitane mais son rayonnement est mondial c’est-à-dire, à l’échelle de l’Antiquité, sur tout le pourtour méditerranéen.

Cette romanité lui donne son destin-monde car elle vivra au rythme des Empires méditerranéens jusqu’à échoir aux mains des Arabes musulmans. Son destin islamique, partagé entre Al-Andalus et le Maroc commence.

Cette fois-ci, elle appartient à une autre mondialité ; celle de dar al-islam et de l’Empire musulman qui irradie aussi bien en Orient qu’en Occident. Lorsque ce dernier montre des signes d’affaiblissement lors de la Renaissance européenne, c’est au tour des Portugais et des Anglais de s’en emparer jusqu’au moment où un sultan chérifien en décide autrement et finit par la réintégrer dans le giron marocain.

Toutefois cette nouvelle destinée nationale est de courte durée car elle est élue capitale diplomatique de l’Empire chérifien à la fin du XVIIIe siècle. Légations et consulats s’y installent et les étrangers affluent des quatre coins de l’Occident pour y faire affaire. Ce statut de plaque tournante la rend éligible au début du XXe siècle au rang de ville internationale gérée par pas moins de neuf pays occidentaux. Il s’agit bien d’une mondialisation municipale qui ne dit pas son nom. Pas seulement, écrivains et milliardaires américains s’y bousculent. Des artistes français, espagnoles également. L’âge d’or mondial dure une trentaine d’année jusqu’à l’indépendance du Maroc.

Que reste-t-il aujourd’hui de ces mondialisations anciennes ? Les aménagements urbanistes tous azimuts font-ils de Tanger une ville, non plus mondiale mais mondialisée avec la multiplication des « non-lieux », depuis le nouveau port Tanger-Med jusqu’aux centres commerciaux qui émaillent la ville ?

Farid Bahri, « Tanger, une histoire-monde du Maroc », éditions BiblioMonde – Paris – Février 2022.

L’auteur.

Farid Bahri est enseignant en histoire en Belgique. Titulaire d’un DEA d’études anglophones de l’Université de Tours (France) et d’un Master en Histoire contemporaine de l’Université Libre de Bruxelles ; il est épris par l’histoire de Tanger, sa ville natale. Il a publié de nombreux articles dans des revues littéraires et historiques telles que Qantara, Din wa Dunia, Tel Quel ou Zamane.

Il a également publié  Destins nus, poèmes de la Tangérinité  aux éditions Slaiki en 2018 (à compte d’auteur), accompagné de photos de la ville de mon ami journaliste Abdeslam Kadiri.

A propos de Farid Bahri.

tanger-experience - le web magazine de Tanger - Farid-BahriJ’ai vu le jour à l’hôpital espagnol de Tanger vers 1 heure du matin selon ma mère…

Nous habitions le quartier populaire de Beni-Makada.

 J’ai fait mon parcours scolaire au Lycée Regnault de Tanger. A l’adolescence, j’ai pris l’habitude d’arpenter longuement la ville. Ce qui m’attirait le plus étaient les venelles de la kasbah. La senteur du passé y est capiteuse entre ses murailles lépreuses.

Mon lieu de dépaysement et de refuge attitré était la nécropole punique sur le plateau du Marshan. Le Mare Nostrum s’y dévoile dans toutes sa splendeur millénaire. J’y rêvassais en contemplant l’allée et venue des ferrys dans le port. La falaise était une machine à remonter le temps. Elle ne l’est plus depuis que la route la scarifie. Adieu la vue millénaire qu’ont connu envahisseurs portugais et anglais…

Une fois un baccalauréat Lettres-philosophie langues A2 en poche, je m’exile en septembre 1990 vers l’université de Rouen où je cohabite avec mon cousin, venu en France, en tant qu’étudiant en économie, à la fin des années soixante-dix. La cohabitation ne se déroule pas sous de bons auspices. Le climat bougonneur de la Normandie me noie. J’abandonne mes études en histoire et rentre au bled.

Mes parents refusent de me voir traîner et (en) traîner dans les rues tangéroises. Ils me poussent. Je repars à l’université de Tours cette fois-ci. Toujours en histoire. Le cursus tourangeau ne me plaît pas. Année blanche. Devant le désespoir inavoué de mes parents, je me reprends. Je m’inscris de nouveau à la fac. Pour le coup en langue et civilisation étrangère, anglais. Les études me plaisent. Je vais de l’avant. Je décroche un DEA mais j’avorte la thèse pourtant bien avancée. Mésentente profonde avec ma directrice de thèse laminée par un deuil.

J’épouse ma femme actuelle (marocaine d’origine belge). Nous partons à Glasgow en Ecosse où j’ai obtenu un poste de lecteur à l’université de Strathclyde. Un an plus tard, nous revoilà à Bruxelles. J’enfile les petits boulots jusqu’au moment où le ministère de l’éducation belge m’appelle pour faire des petits remplacements par-ci par-là en tant qu’enseignant d’anglais. Mais mes diplômes sont français et la Belgique est un pays bilingue. Impossible d’obtenir une équivalence et d’obtenir un poste définitif. Que faire ? Je reviens à ma passion première : l’histoire. Je m’inscris à l’ULB (l’Université Libre de Bruxelles) et je reprends des études en histoire. J’obtiens un Master à finalité didactique en histoire. Trois ans plus tard, j’ai enfin un poste définitif à l’Athénée royal Jules Bordet à Soignies (ville en Wallonie, au sud de Bruxelles) où je suis installé avec ma femme et mes trois enfants.

 

 

 

 

 

2 Responses to "« Tanger, l’histoire-monde du Maroc » par Farid Bahri."

  1. Alaoui Mostafa  18 mars 2022 at 19 h 29 min

    Congratulations my dear Farid, we are so proud of you. Also all the people form this Tangier city.very good continuation in this field.

    Répondre
  2. Hamida jouali  18 mars 2022 at 21 h 29 min

    Te deseo un gran éxito en tu nueva carrera,indicar que el estilo de escribir tuya es muy elegante y es válido para todas las edades. Enhorabuena

    Répondre

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