"Au fil de Tanger", fait main et série très limitée…

Depuis 2010, Au Fil de Tanger propose des créations uniques et 100% artisanales. Subtil mélange de matières, de formes, de couleurs et d’influences.

Chaque jour, Marie Godinot sillonne la médina de Tanger à la rencontre de ses artisans. Abdeslam, Mohammed, Lahsen, Latifa…   Avec eux, des liens se sont tissés. Ils sont brodeurs, passementiers, dinandiers et ils sont l’âme d’Au fil de Tanger. « Ils ont un savoir-faire traditionnel et le travail que je leur demande les sort un peu de leur routine. Je crois qu’ils aiment bien ça ! »

Ligne art de la table Au Fil de Tanger

Des nappes, des sets et des chemins de table, des coussins, pour le linge de maison, mais aussi des vêtements pour femmes et enfants (Tuniques, sarouals, manteaux), des chèches, des bijoux. Et surtout : de la couleur, beaucoup de couleurs. L’atelier Au fil de Tanger fait face aux remparts de la Kasbah : « Comme ça, je suis en contact direct et permanent avec les artisans ». Chaque jour, au milieu des bobines de fils, des mètres de tissus, Marie crée ses modèles, associe les couleurs, marie un fuchsia et un orange, un bleu ciel et un taupe. « Mon inspiration, je la puise ici, au Maroc. Mais j’apporte aussi ma sensibilité, ma fantaisie et mon propre-savoir-faire». Un vrai métissage.

Bijoux artisanaux Au Fil de Tanger. La thématique du cercle est sa marque de fabrique...

Marie Godinot ne travaille qu’avec des artisans de la médina de Tanger : dinandiers, brodeurs, couturiers, tisserands… Elle ne réalise que de toutes petites séries, beaucoup de modèles sont uniques (notamment pour les nappes) et elle privilégie au maximum le travail à la main. « Au Fil de Tanger » est donc une ligne de vêtements (femme et enfant), linge de maison (nappes, chemins de table, sets de table), décoration (plateaux en zinc, coussins), accessoires (pendentifs en maillechort, chèches…). En ce qui concerne les bijoux, ils sont faits à la main, par un dinandier, et sont en maillechort (Le maillechort est un alliage, proche du cuivre, mais qui est plutôt blanc/argenté). Les cordons sont également faits à la main.

Ligne de vêtements Au fil de Tanger

Les réalisations de « Au fil de Tanger » sont chez Las Chicas, à Tanger, ainsi qu’à la Galerie de l’Aimance, à Casablanca, à la boutique     « Madame à Marrakech » et au concept-store « 33 Rue Majorelle », à Marrakech. Et, enfin, en France, à la boutique « Ligne de bains » à Bourges.

Au Fil de Tanger
24, rue Ben Abou
Kasbah – Tanger

Tél : +212 (0)6 10 67 72 13
e-mail : aufildetanger@yahoo.fr

Marie Godinot et Tanger…

Marie Godinot arrive à Tanger en 2004 pour suivre son mari Christophe qui est engagé comme journaliste chez Médi 1. La famille baigne dans l’information, Marie est une ex-journaliste de la presse Médicale. Lorsqu’elle prend ses quartiers à Tanger, elle se donne d’abord le temps de la découverte et de l’observation. La famille s’installe dans la médina. Sa rencontre avec DARNA sera décisive…

Le bénévolat comme déclencheur. Lorsque Marie est arrivée à Tanger elle a commencé par s’investir dans différentes associations venant en aide aux enfants en difficultés. Puis l’idée lui est venue de créer une ligne de vêtements pour enfants « Lila & Lilou » (pour elle et pour lui en darija) avec Nadia, styliste/modéliste en collaborant bénévolement avec l’association DARNA qui emploie des femmes « défavorisées ». DARNA va mettre leur disposition ses ateliers et ses ouvrières (brodeuses, couturières…) et Marie et Nadia fourniront le tissu, les idées, le style. Après 3 ans de collaboration fructueuse, l’activité de DARNA s’est significativement développée. Marie décide alors de passer le relais et de s’investir dans un autre projet.

« Cette expérience bénévole a été un déclencheur. Jamais je n’aurais pu créer ma propre entreprise sans être auparavant passée par cette période de bénévolat qui m’a tellement appris tant sur le plan humain que professionnel ». Et d’ajouter encore « De donner, on reçoit beaucoup ! ». Riche de ses nouvelles compétences, de ses souvenirs d’enfance auprès d’une mère qui cousait énormément et de sa passion pour les couleurs, Marie décide de créer un atelier de création textile « Au fil de Tanger » avec Aurélie, son amie et associée, une ligne de linge de maison comprenant nappes, sets et chemins de table, vêtements, coussins mais aussi bijoux et accessoires. Aurélie quittera ensuite la cité du Détroit pour suivre son mari nouvellement muté sous une autre latitude…

Marie Godinot devant l'atelier de la Kasbah

« Créer une entreprise au Maroc n’a pas été difficile, même si je suis française. J’étais résidente et propriétaire de la maison dans laquelle j’ai créé mon atelier. J’ai une patente et ma comptable gère tout l’aspect administratif et financier « . En ce qui concerne l’organisation du travail, Marie n’a pas non plus rencontré de difficultés particulières. « Avec Aurélie, nous nous sommes partagées les tâches, l’une achetait le tissu pendant que l’autre dessinait les patrons et nous nous retrouvions deux jours par semaine pour mettre en commun nos idées, choisir les couleurs etc… ». Grâce aux visites quotidiennes des deux amies aux brodeurs, passementiers, couturières et dinandiers, à leur atelier situé en plein coeur de la médina et à la langue darija que Marie maîtrisait, une relation s’est créée jour après jour entre elles et les artisans. Au fil des collections, une véritable collaboration s’est instaurée. « Je leur soumets mes idées, ils fixent librement leur prix car je leur fais confiance et en contrepartie, ils s’engagent sur la qualité et le respect des délais. Je crois même qu’ils commencent à apprécier mes sets de table ! ». Au fil de Tanger se développe. Marie anime cet atelier et s’occupe principalement du stylisme, de la coupe et des achats de tissus. Elle a engagé deux collaborateurs à plein temps, un couturier et une repasseuse. Elle collabore principalement avec des artisans de Tanger.

Un travail entre passion et exigence. En matière de travail, Marie a un fil directeur. Elle exige avant tout un travail artisanal. « Il y a un savoir-faire extraordinaire qu’il faut perpétuer. Les irrégularités de la main me plaisent ». Ainsi, chaque pièce est unique et si Marie ne s’occupe pas de la broderie ni de l’assemblage, elle gère tout le reste. « J’ai besoin de toucher le tissu avant de l’acheter, de choisir les couleurs. Je ne pourrais pas déléguer ce travail à quelqu’un d’autre ». Une fois la pièce réalisée, Marie la lave elle-même puis la repasse afin d’assurer une qualité optimale aux articles.

Les artisans de Tanger et le couturier de "Au fil de Tanger"

L’autre principe de Marie est qu’elle refuse la confection de masse. Une nappe par exemple, sera réalisée en 3 ou 4 exemplaires tout au plus afin que ses clientes achètent des pièces quasi uniques. Cela l’oblige à être très créative et à se renouveler à chaque collection, que ce soit au niveau des motifs ou des coloris, même concernant les « basiques ».

Marie nous confie qu’elle trouve son inspiration dans les couleurs du ciel et des paysages marocains. « J’adore les couleurs et c’est un vrai plaisir de les associer ».

Cette expérience lui apporte un épanouissement incroyable et elle conseille aux femmes qui souhaitent trouver une occupation de prendre le temps de se regarder et de voir ce qu’elles aiment. Car lorsque l’on change de vie en arrivant quelque part, c’est aussi l’occasion de changer de métier. « Il faut tenter et ne pas avoir de regrets si cela ne fonctionne pas ». Elle précise également qu’il ne faut pas se sentir bloqué par une expatriation que l’on sait limitée dans le temps. « En trois ans, on peut faire beaucoup de choses ! ». Et encore plus en 9 ans…

Lorraine Pincemail (www.lepetitjournal.com/casablanca)

One Response to ""Au fil de Tanger", fait main et série très limitée…"

  1. Marie-Odile De Fabiani  23 février 2016 at 10 h 35 min

    BON ANNIVERSAIRE MARIE-LAURE
    Impossible d’oubler la date….
    A bientôt

    Répondre

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