Saïd Ouarzaz : Le « Séraphin » Marocain.

Dans le cadre du 17ème Salon international de Tanger des livres et des arts organisé par l’Institut Français de Tanger, le peintre autodidacte Marocain Saïd Ouarzaz expose ses œuvres spontanées et dynamiques. Galerie Delacroix, du 8 mai au 8 juin.

L'abstraction, cachette de multiples personnages...

Cette année le thème du salon était « l’éloge de la lenteur ». Quel rapport avec Saïd Ouarzaz qui peint ses toiles en une seule journée, comme habité, enchaîné à celles-ci ? Frédéric Damgaard, ce galeriste qui l’a découvert en 1996, décrivait déjà la « fulgurance gestuelle » de son œuvre.

Chez Saïd, la lenteur ne réside pas dans l’exécution, ni dans l’énergie qui se dégage de ses toiles, mais plutôt dans leur maturation. Il semble que Saïd médite longuement son besoin d’expression. Ses sentiments et sensations, son héritage culturel, son histoire personnelle, après un temps de latence dans son esprit, soudain explosent dans ses mains. Tout un coup, le déclic, telle une gésine, tout doit sortir, tout de suite, sans repos avant la touche finale. De ses tableaux se dégagent une humanité, un homme.

Saïd Ouarzaz le peintre au regard lumineux, détail, les deux fans: Cosmo et Cosimo

L’homme est avant tout un homme de la terre. Né en 1965 dans la région d’Essaouira, il est tout d’abord cultivateur, suivant la tradition familiale, puis maçon. Comme la peintre Séraphine, il vient d’un milieu qui n’a pas de contact avec le monde de la peinture. Son œuvre ne subit donc aucune influence de tendances ou de courants artistiques.
Les longs trajets à pied, à la lenteur des animaux, en symbiose avec la nature, poussent à la contemplation, à prendre le temps de cultiver cette vie intérieure qui s’est tout d’abord exprimée chez Saïd, à travers des sculptures puis des tableaux.

Olivier Conil, Rachel Muyal et ses amis Madrilains

Frédéric Damgaard avait découvert en 1996 le peintre Marocain avant que ce dernier ne croise les pas d’Olivier Conil. De cette rencontre entre le peintre et le galeriste est née une belle amitié, croisé des chemins, croisé des destins…Olivier et sa femme Intha ont ouvert une galerie au Petit Socco et ils font parcourir l’œuvre de Ouarzaz au-delà des océans.
Après une exposition à Singapour, puis à Paris, Saïd Ouarzaz fait aujourd’hui sa première véritable exposition dans son pays natal grâce au soutien d’Alexandre Pajon, directeur de l’Institut Français de Tanger.
Ces tableaux se contemplent de deux manières : l’ensemble général puis le détail, grouillant de petits personnages cachés dans l’abstraction… A vous de chercher!

Valérie Beltrame

Exposition du 8 mai au 8 juin.
Galerie Delacroix – 86, rue de la liberté. Tanger. www.iftanger.org
Galerie Conil – 7, rue du palmier. Petit Socco. Tanger  conil.maroc@gmail.com

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